• Un mariage en 1946....

                          Encore un peu "de guerre"...

     

                          Août 1946...Sans bien réfléchir à toutes les difficultés qu'il y avait encore, certains couples se mariaient "pour le meilleur et pour le pire" ! C'est ce que nous avons fait, mon mari et moi ! Les difficultés étaient nombreuses : manque d'appartements, manque de vaisselle, d'objets mobiliers divers, de linge, enfin de toutes choses nécessaires à la vie courante ! Et, quand on se marie, on invite de la famille, des amis aux festivités et au repas ! Quand toutes les denrées sont encore "avec tickets"...il y a de gros problèmes en vue ! Mais bon ! on ne s'arrêtait pas à ça...Et, comme pas mal de jeunes, nous comptions sur nos parents et sur les amis. Ils n'étaient pas encore amoureux (ou l'étaient depuis longtemps déjà) et avaient "la tête sur les épaules"...Ils réfléchissaient eux !

     

                           Combien de jeunes, ne pouvant avoir un appartement, se contentaient d'une pièce mise à leur disposition par leurs parents...avant cette chasse à l'appartement qui pouvait durer des années ! Pour "monter son ménage" il fallait aussi aller à la chasse aux trésors ! Je me souviens de ma mère arrivant chez nous et nous disant :"aujourd'hui, j'ai pu vous avoir deux assiettes, ou deux plats, ou deux casseroles..." Pas question d'obtenir des services entiers...Notre monde était un peu dépareillé ! Même chose pour le linge...on trouvait les pièces une par une et en plus, il fallait des points de textile qui nous étaient donnés au compte-gouttes...

     

                            Mais, reparlons du mariage et de la cérémonie ! Bien sûr, nous voulions être beaux ! Pas tellemeut question de robe longue pour la mariée, mais bien plutôt d'un petit tailleur blanc qui "pouvait resservir" ! Les points de textile utilisés alors...l'étaient pour une fois ! ensuite, plus rien !C'était moins compliqué pour le jeune marié qui achetait un costume et le remettait plus facilement par la suite ! Et la réception des invités, quel casse-tête ! Tout nous était encore calculé et les cartes d'alimentation n'étant pas extensibles, il était difficile de nourrir une vingtaine de personnes avec les tickets qu'elles contenaient. Je me souviens que mes parents avaient retenu un repas dans un restaurant...mais il a bien fallu passer par le marché noir pour un tas d'ingrédients...et la viande !Quelle époque !

     

                            Le grand jour arrivé, peu ou pas de voitures pour conduire les mariés à la mairie et à l'église...Nous avions eu la chance qu'un ami de mes parents, entrepreneurs de travaux publics, ait droit à une voiture et surtout à des bons d'essence !

     

                            Malgré tous ces soucis supportés pour la plupart par les parents et les amis (la jeunesse est parfois inconsciente)  nous étions unis très normalement...Pas de restrictions alors...Maire et Curé se relayaient comme par le passé...

     

                            Nous étions jeunes alors et cela règlait tous les problèmes. C'était ça un mariage de guerre ....  

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  • Commentaires

    1
    Mardi 27 Août 2013 à 08:42

    cela montre à quel point nous sommes capables de nous adapter aux circonstances.

    à notre époque d' assistanat, on peut quand même craindre qu' en cas de problème, nos jeunes aient quelques difficultés à se restreindre !

     bonne journée

     bisous


    2
    Mardi 27 Août 2013 à 09:18

    Ah ça ! je ne pense pas qu'ils soient armés pour se suffire à eux-mêmes...

    3
    Mardi 27 Août 2013 à 10:09

    Ne soyez pas si sévères avec les "jeunes".

     

    Ils sont eux aussi de nos jours confrontés à de semblables problèmes (pour d'autres raisons).
    Eux aussi, ils sont obligés de rester chez Papa et/ou Maman.
    Eux aussi, ils font avec de la vaisselle et des meubles dépareillés.
    Eux aussi,...

     

    Bien sûr, il y en a qui font n'importe quoi (mais c'était vrai aussi autrefois). Mais

     


    Hier après-midi, j'ai croisé par hasard une ancienne élève :
    Doit avoir un peu plus de 20 ans, maintenant.
    C'était au secrétariat du cabinet médical auprès de chez moi.
    Je lui ai demandé si elle allait rester.
    Elle m'a regardé avec un petit air triste : "Oh non ! C'était pour faire un remplacement et ça se termine ce soir".

     

    Aujourd'hui, elle doit être de retour chez sa mère (une autre ancienne élève d'ailleurs) à se ronger les sangs : "Quand trouverai-je un autre emploi ? Même pour quelques jours..."

     

    4
    Mardi 27 Août 2013 à 10:42

    Vous m'avez très malo comprise ! je ne suis pas sévère avec les jeunes que j'aime beaucoup et j'ai toujours pensé et dit, qu'on n' allait tout de même pas leur "remettre une guerre" pour qu'ils comprennent ! Je serais peut-être un peu plus sévère avec leurs parents et nous tous, qui n'avons pas su les éduquer normalement... Et j'ai déjà dit (si vous relisez mes anciens articles) que je préférais avoir élevé mes enfants il y a déjà un certain nombre d'années..que maintenant ! Leur avenir n'est pas assuré...ils font des études en vue de faire un métier qu'ils ne peuvent exercer...Leur avenir est trop incertain et...ils dépendent un peu trop de leurs parents très souvent...

    Ce que j'ai voulu "montrer" (et c'était surtout pour une de mes arrières-petites-filles), c'est "comment ç'était à une certaine période"....Ma petite Anaëlle, âgée de 11 ans, est très curieuse de cet "avant".

    J'aurais pu préciser qu'en ce qui me concernait, si je n'avais rien, c'est que notre maison avait été entièrement détruite dans le bombardement de Juvisy en 1944 et que...bien entendu, ma mère ne pouvait pas me "passer" meubles ou vaisselle, ou linge...elle n'avait que le strict nécessaire provenant de la famille et des amis !

    Vous m'avez mal jugée ! j'aime les jeunes et tout n'est pas de leur faute, mais de celle des anciens !

    Et pour mon époque, en compensation, nous n'avions pas le souci de recherche d'emploi ! le travail se trouvait "à la pelle"....ça aussi, je l'ai toujours reconnu...même auprès de mes jeunes, enfants, petits-enfants et amis...

     

     

    5
    Mardi 27 Août 2013 à 10:50

    @ Geneviève

    Ce n'était pas l'article que je visais, mais plutôt les commentaires après.

    Je pense que "nos" jeunes ont eux aussi des difficultés à vivre en ce moment et que, bon gré mal gré, ils sont bien obligés de les subir et de les affronter.

    Donc eux aussi se restreignent.

     

    6
    Mardi 27 Août 2013 à 11:42

    Je le répète : ils ne sont pas armés pour se suffire à eux-mêmes...j'aurais dû préciser : "on ne leur en a pas donné les possibilités..." Ce mariage que j'ai raconté et qui se trouve être parmi tant d'autres le mien, se plaçait dans une période "un peu spéciale", l'immédiat après-guerre...si la guerre était terminée, les restrictions de tous ordres pas du tout !
    je pense que nous, les anciens, nous n'avons pas su armer les jeunes...Trop de laxisme partout...Peut-être pensions-nous bien faire, ne voulant pas que nos jeunes connaissent ce que nous avions connu ? Le résultat est ce qu'il est...très, très moyen. Nous avions eu une éducation trop rigide, mais nous n'avons pas su trouver le juste milieu pour nos descendants ... Ils en paient malheureusement le prix. Et la crise en supplément ! ils n'avaient pas besoin de ça...C'est une autre sorte de guerre...

    7
    Mardi 27 Août 2013 à 12:00

    Geneviève : vous n'étiez pas plus armée à l'époque qu'eux maintenant.

     

    Je veux dire qu'avant-guerre vous n'auriez jamais imaginé ce qui allait arriver.

    Puis, difficilement et malgré vous, la guerre vous a "armée".

    Actuellement, c'est pareil : il y a 15 ans, on apprenait à ma fille (au lycée) qu'elle avait bien de la chance car elle arrivait juste au début d'une phase de rebond économique. Vous savez ce qui s'est passé depuis. Et c'est très loin d'être terminé.

    Alors ces mômes non préparés, ils sont en train de s'armer, de se durcir, etc. De faire avec, comme on dit.

     

    Ma fille dont je parlais, a actuellement 31 ans (7 ans de plus que vous en 1946). Elle a un travail (architecte à son compte avec une associée). Elle vit depuis 3 ans avec un garçon qui a 10 ans de plus et qui depuis plus de deux ans est sans travail (même plus le chômage : fin de droits). "Je paye le loyer" me disait-il quand il touchait encore le chômage.

    Pourquoi sans travail ? Parce qu'il vit avec ma fille : il aurait pu en avoir par exemple en Belgique ou en Alsace, mais ça fait loin de Nantes où ma fille travaille.

     

    Alors, je répète, ils font avec...

     

     

    8
    Mardi 27 Août 2013 à 18:10

    Armée avant la guerre ? Pas trop certainement...mais mon père nous parlait beaucoup de la guerre de 1914/1918...ma mère, Lorraine, également. Et on parlait beaucoup de la guerre à venir...On nous y préparait donc un peu. Et dès 1940, il a bien fallu survivre...J'avoue que ça m'a forgé le caractère !
    Oh que si, on imaginait ce qui allait arriver...ma mère me racontait...
    Les jeunes actuellement sont mis devant des responsabilités et surtout des difficultés qu'ils n'avaient pas prévues. Leur a-t-on menti un peu...ou dans l'euphorie des années fastes, les a-t-on laissés se faire des idées fausses ? Oui, maintenant, ils sont obligés de se durcir...Nous tous avons des responsabilités dans ce domaine je crois.

    9
    Mardi 27 Août 2013 à 18:12

    En tous les cas, ce récit semble faire couler beaucoup d'encre !
    Merci ma petite fille...

    10
    Mercredi 28 Août 2013 à 07:57

    L'argent ? on l'avait puisqu'on pouvait travailler sans problèmes...Mais...on ne pouvait rien acheter ou si peu...Il y avait des restrictions sur tout...textiles, alimentation etc...Ces "points de textile" ! quel souci ! Je m'étais mariée au mois d'août, j'avais utilisé mes points pour ce jour (y compris les "bons" de chaussures) et je n'ai pu en obtenir d'autres pour l'hiver...Solution ? ou se promener tout l'hiver en tailleur blanc et chaussures d'été blanches (!) ou passer par le marché noir....
    Mais....nous étions jeunes et pleins d'espoir...Les restrictions ont duré jusqu'en 1950 environ...4 ans après la Libération !
    Bonne continuation, bonne journée...

    11
    Mardi 3 Septembre 2013 à 20:44

    Je connaissais le récit de votre mariage et je l'ai relu une nouvelle fois avec grand plaisir.

    Chaque génération doit avoir son lot de soucis et de problèmes. Je crois que la classe d'âge à laquelle j'appartiens est la première à avoir à sa charge, en même temps, parents vieillissants, dépendants quelquefois et enfants sans emploi et sans revenus. Je fais partie des chanceux qui n'ont pas ce problème mais j'ai quelques amis qui le connaissent. Pas facile à vivre pour les trois générations. Sans doute les jeunes d'aujourd'hui ont-ils moins d'illusions et d'espoirs que vous en aviez.

    Bonne soirée et gros bisous, Geneviève.

    12
    Mardi 3 Septembre 2013 à 21:11

    C'est bien certain ! La vie était...ce qu'elle était avec cette fichue guerre que nous venions de subir; mais les mentalités, dans l'ensemble, étaient meilleures et surtout, nous avions du travail et nous savions vers quoi nous nous dirigions ! ce n'est plus le cas...Marcher "au radar" n'est pas la meilleure façon d'avancer...
    Bonne soirée à vous. Bises.

     

    13
    FLEURDES CHAMPS
    Mardi 11 Mars 2014 à 20:41

    Merci pour ce récit très interessant.....un mariage d'Amour reste toujours un bon souvenir quelque soient les circonstances....

    14
    Pimprenelle
    Mardi 11 Mars 2014 à 20:41

    Bonsoir Geneviève, En vous lisant, je repense à une situation d'un collègue Polonais avant que le mur berlinois soit détruit. Il m'avait dit que les habitants de son pays possédaient de  l'argent, mais ce furent les biens-matériels dont ils manquaient le plus. Etait-ce le cas aussi après guerre ? Bonne soirée. Amicalement, Pimprenelle.

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