•               Ce temps jadis, quand on pensait si fort à Noël....et qu'on préparait une crèche ? Lorsque nous habitions à ROBION, après avoir pris notre retraite, mon mari se chargeait de cette installation ! C'est qu'enfants et petits-enfants arrivaient chez nous pour Noël et que la crèche était une tradition à laquelle il ne fallait pas déroger ! Je revois encore ce "coin réservé", un angle dans la grande salle de séjour, pas loin de la cheminée ! Et là s'élevait bientôt, comme par miracle, un village provençal avec église, petites rues, rivière, pont, puits, pigeonnier...Et surtout tous ces santons que nous avions accumulés au fil des ans : le berger et ses moutons, le porteur d'eau, le débonnaire Curé sans oublier Monsieur le Maire, le Ravi et tant d'autres ! C'était coloré, éclairé...c'était joli ! Et à aucun moment nous ne pensions mettre à mal la laïcité ! Cette crèche elle faisait partie du décor de Noël au même titre que l'arbre de Noël installé lui-aussi par mon mari !

                  Parmi nos invités et les amis qui passaient nous voir, il y avait "celui qui croyait au Ciel, celui qui n'y croyait pas". Tous admiraient ce décor transformant notre séjour et lui donnant un "air de fête".

                  Bien sûr, je ne peux plus installer une telle crèche, ni un tel arbre de Noël dans mon appartement...et je n'attends personne ! Mais pour moi, pour me souvenir que j'existe encore et que j'ai des racines, je vais, dès demain si je peux,  sortir le carton dans lequel dorment les petits santons qui me restent et installer "ma" crèche....Pas de village provençal (les santons ont été dispersés) et je n'ai pas la place nécessaire (!) . Non, la bonne crèche de l'ancien temps....comme on en voyait dans presque toutes les maisons. Pour moi, pour me souvenir que je suis une femme de France, avec des racines qu'on ne peut arracher....

                  "Le temps passe, mais les souvenirs restent" dit-on souvent !

                  

     

     

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  •               Et c'est bien ça qui m'énerve ! entendre dire par ceux de ma génération "De mon temps..." sur un ton qui...veut tout dire, sans qu'on le dise, mais tout en le disant ! "De mon temps, les jeunes n'auraient pas fait ça" "de mon temps, on élevait les enfants avec sévérité" "de mon temps la vie était plus agréable"...etc...etc...

                 Il ne manque pas de personnes dites "âgées" pour récriminer sur l'éducation, sur l'instruction de nos chères têtes blondes (qui ne le sont pas toujours d'ailleurs !). Alors, qu'y a-t-il de changé ? S'il est vrai que l'éducation était prise avec un grand sérieux par les parents...c'était parfois un peu trop strict. Personnellement, je dis et l'ai répété à diverses reprises que cette éducation très stricte, notamment celle réservée aux filles, pouvait être très dangereuse ! Tenues à l'écart de la vie (dans tout le sens du mot), les filles arrivaient souvent au mariage "aussi innocentes" que des nouveaux-nés ! Ou alors, avec des idées préconçues, provenant de ce que les "copines" leur avaient raconté et avaient parfois inventé ! Drôle d'éducation qui "zappait" la réalité de la vie et d'où la morale n'était pas accompagnée de franchise ! Les garçons (sexe fort...!) étaient un peu plus dégourdis !

                Côté instruction, rares étaient les jeunes qui poursuivaient des études au-delà du Certificat d'Etudes Primaires? Celui-ci obtenu, vous menait la plupart du temps, sur les chemins du travail...Il fallait donc savoir parfaitement lire, écrire et compter...Ah, ces tables de multiplications récitées en "chantonnant", quel souvenir ! On faisait du calcul alors, pas des maths ! et les instituteurs et institutrices qui sortaient alors de l'Ecole Normale, faisaient preuve de dévouement envers leurs élèves dont certains parfois étaient un peu récalcitrants ! Mais attention, pas question de se plaindre à la maison...Les maîtres et maîtresses étaient aimés et admirés et s'ils punissaient....ils avaient raison ! Inutile d'essayer d'être consolés par les parents...ça ne se faisait pas ! Et il y en avait des choses "qui ne se faisaient pas"...et auxquelles on était astreint !

                De mon temps....non, tout n'était pas bien. Il y en avait des choses à améliorer, sans tout chambouler ! Après la guerre, les progrès sont arrivés...progrès industriels et autres....Tout a été trop vite....Comme pour l'éducation des enfants à l'école ou à la maison, on a voulu tout changer sans essayer de trouver le "juste milieu"...Et les femmes sont allées travailler (bureau ou usine ou profession libérale)laissant les enfants diriger leur vie...Pas toujours une réussite....On ne peut malheureusement pas revenir en arrière sans faire de dégâts...Avec un peu de bon sens, on pourrait "arrêter les dégâts"...Mais il faudrait que les enseignants, les parents acceptent de "revenir un peu en arrière" et de reprendre ce qui était bon jadis....Et si on améliorait ce qui était fait "de mon temps" ? Tout simplement....c'est ça qui serait "chouette" ! Avec juste un peu de bon sens...

                C'est fou ce que je réfléchis en ce moment !!! Et je me demande parfois si les adultes n'ont pas une grande responsabilité dans le comportement des jeunes actuels ? Ils ne sont pas moins bons que "de notre temps", ils ont été élevés de manière différente...peut-être même leur avons-nous donné trop d'importance...? Ce n'est pas facile; les responsabilités sont partagées...

               

                

                 

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  •               Cela se passait en octobre 1944 ! C'est donc un souvenir de guerre, celle de 1939/1945, celle qui m'a tant marquée et dont je reparle assez souvent !

                  Ainsi que je l'ai déjà raconté, nous avions des tickets pour tout, y compris pour l'habillement ! Et ce que nous trouvions à acheter était fait avec des tissus.....de guerre ! c'est-à-dire que ce n'était pas de très bonne qualité. Je devais aller au mariage d'une amie et il me fallait acheter ce "quelque chose" qui me mettrait en beauté et que je pourrais remettre "après" ! Les bons de vêtements n'étant pas "à profusion" il fallait que nos achats soient "profitants" comme aurait dit ma bonne grand-mère lorraine !

                  Et voilà, j'avais trouvé un beau petit tailleur que je revois encore ! il était en lainage,d'un joli gris-bleuté et m'allait très bien. J'étais contente de moi et surtout de ma trouvaille ! Comme prévu, cet ensemble m'a servi à nouveau après la cérémonie...Même pour aller en bicyclette il était pratique...Et la bicyclette était alors mon moyen de transport obligé et...préféré ! Pas de déplacement sans elle qui me conduisait où je voulais ! Un jour où le temps était particulièrement gris, on peut même dire orageux et pluvieux, bien équipée avec cet ensemble, me voilà partie courageusement chevauchant "mon double" (j'ai nommé ma bicyclette) ! Je n'avais plus d'imperméable, le mien étant resté dans les décombres de notre maison quelques mois auparavant ! J'espérais que je pourrais passer entre les gouttes...Et tout à coup, un orage éclate....Me voici "trempée comme une soupe", ce que mon costume "en lainage" de guerre (!) n'a pas supporté ! On disait alors que les tissus étaient faits avec de la fibre de bois...Nous avions déjà les semelles de bois, pourquoi pas les vêtements...Nous n'étions plus à un "ersatz" près, nous avions pris l'habitude pendant l'occupation ! Etre mouillée, ce n'était pas catastrophique, mais mon ensemble n'a pas supporté ! Il a montré sa désapprobation en...rétrécissant de bas en haut et de gauche à droite ! Il avait bien perdu 20cms dans chaque sens ! Si, si...je n'exagère pas ! Inutilisable, sauf éventuellement par une petite fille ! et encore !...Vous décrire à quel point j'étais déçue et fâchée...je ne le peux pas ! Tout le monde prenait : l'état qui se fichait de nous, les commerçants qui vendaient allez savoir quoi ! Et je ne pouvais pas compter obtenir d'autres bons de textile...Restrictions obligatoires ! ... Je me souviens que j'ai pu, à l'aide de la jupe et de la veste, faire faire une robe que je mettais....quand il faisait sec dehors !

                C'était un souvenir de guerre...

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  •               Les souvenirs font ce qu'ils veulent et "débarquent" quand ils le veulent ! C'est ainsi que ce matin, je me suis souvenue d'une gifle reçue de mon père, quand j'avais 6 ans environ. Mon père n'en donnait que très rarement, son "truc", c'était plutôt les verbes qui vous tenaient pendant des heures devant des feuilles de papier ! C'est qu'à l'époque, on ne badinait pas avec "la loi parentale" ! J'en reviens à cette gifle...Un principe était bien établi chez nous : on ne "rapportait" pas ! mes parents avaient horreur de ça ! Celui ou celle qui rapportait était aussi puni que s'il avait fait lui-même une bêtise ! Mon frère et moi, nous le savions et aucun de nous ne transgressait cette loi ! Un jour, mon frère avait dit dans la journée un bien vilain mot qui n'était pas admis...le mot de Cambronne ! Je ne me souviens même plus à quel sujet. Le soir, nous allions au-devant de mon père jusqu'à la gare...Dès que je l'ai aperçu, j'ai couru vers lui et en l'embrassant, je lui ai glissé dans le creux de l'oreille "tu sais papa, André a dit " m....". Immédiatement, je me suis retrouvée en "attente" près du juge-arbitre qui a appelé André. Arrivée de celui-ci qui traînait un peu les pieds et interrogatoire en règle :"il paraît que tu as été vilain et que tu as dit un gros mot ?" Et pan ! une gifle est partie en direction du coupable, accompagnée de ces mots: "tiens, voilà pour l'avoir dit" et se tournant vers moi, même main, même gifle "tiens voilà pour l'avoir répété". ... Arrivés à la maison, penauds tous les deux, nous avons eu droit à un vrai cours de morale duquel il résultait que s'il n'était pas admis de dire des "gros mots", il n'était pas plus permis de répéter même dans la plus louable intention...Encore fallait-il que celle-ci soit louable ?

                  Deux enfants ont pleuré ce soir-là, mais se sont toujours souvenu qu'il y avait des règles à respecter, entre autres "ne pas cafter" !!! Beaucoup plus tard, mon mari et moi avons appris la même chose à nos enfants...Et nous ne l'avons jamais regretté !

                  Cette petite et simple histoire montre à quel point l'éducation était présente dans les familles ! C'était il y a ??? Beaucoup plus que ça ! A une époque aussi où la morale était présente à l'école...et qui semble peut-être trop rigide aux enfants et aux parents actuels....Je n'en garde pas un mauvais souvenir et c'est avec tendresse que j'évoque les faits et gestes de cette époque.

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  •               3 septembre 1939 - Le sort en était jeté ! Depuis de longs mois, on en parlait de cette guerre qu'on "sentait venir"... malgré les accords de MUNICH....Depuis la veille, des affiches étaient placardées un peu partout : Ordre de Mobilisation Générale ! ce qui ne laissait rien présager de bon. On s'y attendait évidemment, mais notre voisin Hitler irait-il "jusqu'au bout" ? La réponse fut oui (malheureusement). Et en ce dimanche 3 septembre, déclaration de guerre à l'Allemagne par la France et l'Angleterre.

                 C'en était terminé de ma jeunesse et de celle de bien d'autres ! Notre adolescence fut zappée...Imagine-t-on actuellement des jeunes (je n'avais pas 17 ans) de cet âge, passer directement de l'enfance à l'âge adulte ? de l'insouciance aux responsabilités ? J'ai toujours pensé qu'on m'avait volé quelque chose : les plus belles années de ma vie....Dans beaucoup de foyers, les hommes avaient été rappelés sous les drapeaux, parfois depuis des mois...Certains ont appris la naissance d'un enfant qu'ils n'ont pu connaître qu'en 1945 et même un peu plus ! Les femmes qui, pour la plupart, restaient au foyer avant la guerre, ont été obligées de travailler et de remplacer leur homme absent. Elles menaient de front leur travail à l'extérieur et l'éducation des enfants, la tenue du ménage et...à partir de 1940, le ravitaillement de la famille tellement difficile pendant l'occupation ! Bien des jeunes ont été obligés d'abandonner les études entreprises, la mère ne pouvant pas subvenir à toutes les dépenses ! C'est ce qui m'est arrivé et ce qui m'a mis "du plomb dans la tête" ! Mon père avait été rappelé début septembre 1939, mon frère profitant de ses 18 ans arrivés le 4 septembre 1939, s'est engagé...Tout ça, j'en ai déjà parlé à maintes reprises...

                  J'ai dû travailler, armée simplement d'un diplôme de sténographie et dactylographie...et d'une première année de droit...J'ai eu la chance de trouver un travail chez un ami de mes parents, qui m'a proposé de "m'apprendre mon métier de secrétaire" (ce que je ne voulais absolument pas faire !!!), de me prendre pendant un an pendant lequel il m'a fait passer dans tous les services de son entreprise, mais sans aucun salaire !!! J'ai rouspété dur, mais ma mère a tenu bon et...je ne l'ai jamais regretté ! Cet ami m'a tout appris...et en même temps, mon enfance s'envolait ! D'insouciante, je suis devenue responsable...et je suis reconnaissante à mon père d'avoir insisté pour me faire apprendre cette sténographie et dactylographie et de m'avoir inscrite à la Faculté de droit ! Alors que je lui avais dit "je te préviens, je ne me servirai jamais de tout ça", les évènements ont fait que cela m'a bien rendu service et que, petit à petit, j'y ai pris goût ! A l'époque, le père décidait souvent...Moi qui voulait faire une école d'art ! Rien à voir...

                  Lorsque la guerre a été terminée, j'allais sur mes 23 ans ! Six ans de perdus ? Peut-être pas puisque j'y avais gagné de perdre cette insouciance qui me caractérisait au désespoir de mes parents ! Parfois quand je pense aux jeunes dont beaucoup ne se sentent pas responsables, je me dis qu'on ne peut tout de même pas leur "inventer une guerre" pour leur permettre de réfléchir ! Il y a certainement des moyens moins dramatiques...

                  A certaines dates, et celle d'aujourd'hui s'y prête, mes souvenirs remontent du fond de mon esprit, et je réfléchis à cette époque...Et je me dis qu'il ne faut pas que les jeunes désespèrent...Avec un peu de courage et de réflexion on arrive à supporter l'adversité...Est-ce mon côté "rester zen" ou un reste d'insouciance de ma prime jeunesse qui me font donner ce conseil ?

                 

                 

     

     

     

     

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