• Rutabagas, topinambours, crosnes...et autres délices !


                               Les "festivités" commencent !

                             Si juin 1940 a vu la fin d'une époque, ce même mois nous annonçait un début qui...dura quatre longues années ! Début des restrictions et de la débrouillardise ! Le français est réputé débrouillard et là, il allait le démontrer au maximum...Il aime la bonne cuisine, le bien-manger et a également la réputation d'être "bon vivant" ! Eh bien, pour continuer à vivre ce n'était pas évident !

     

                             Curieusement, dès le début de l'occupation, les poules ont moins pondu, les vaches ont donné moins de lait, les boeufs, porcs, moutons ont eu, qui moins de biftecks, qui moins de côtelettes, jambon, gigot etc..; les maraîchers ne trouvaient plus de bons produits de la terre celle-ci se refusant à faire pousser tous les végétaux et autres dérivés...En un mot, il y avait un refus général de produire, tout au moins, on aurait pu le croire...A moins que l'occupant, ayant une dent contre nous, ait décidé de ne pas nous faire user les nôtres...en nous interdisant de mastiquer ce qui était bon, sucré, nourrissant, plein de vitamines, de protéines etc...qu'on croyait jusque là être nécessaire à une bonne croissance et au maintien de la santé ! Pas question de "cinq légumes et fruits" par jour...Nos rêves étaient illuminés par des visions de gigot aux haricots, jambon blanc ou fumé peu importe, biftecks saignants et tendres accompagnés de frites ou d'une bonne purée au lait ...Les réveils étaient beaucoup plus tristes ! Mais, dans sa grande mansuétude, ce même occupant libérait sur les marchés, à notre intention, des trucs qu'on n'avait pas eu l'habitude de voir ! Des rutabagas, des crosnes, des topinambours, du pâté de poisson (absolument dégoûtant tant par la couleur que le goût), des fromages sans lait (vite, vite passez-moi un verre d'eau...c'est un peu trop sec), des ersatzs de toutes sortes...On ne savait même plus ce qu'on mangeait ! Mais quand même, quand on avait été bien sages, on avait droit à 90 grammes de viande...par semaine et par personne ! Et ces fameux rutabagas ! ça, je connaissais, ma grand-mère lorraine en coupait des morceaux pour ses lapins et les recouvrait de son...Nous, nous n'avions pas le son (il était dans notre pain). Les rutabagas, censés remplacer les pommes de terre, ne remplissaient pas l'estomac, ils le creusaient ! dès que vous sortiez de table, vous aviez faim, et ça, c'était pas nécessaire ! Nous n'avions pas "des petits creux", mais des "grands creux"....Surtout les habitants des villes, les possesseurs de jardins arrivant à faire pousser quelques pommes de terre et autres légumes..Les pommes de terre, agrémentées de doryphores (ça c'était sans doute pour le folklore...)

                               Les rutabagas au goût de navet (?), bon, je ne détestais pas. Mais les topinambours et surtout les crosnes...quel supplice pour moi...et ma pauvre mère qui se donnait tant de mal pour nous faire des repas corrects et mangeables, n'était pas toujours remerciée d'un sourire...Je me souviens d'un repas où flocons d'avoine, pâté de poisson (sans tickets), rutabagas et fromage blanc sans lait (oui, vous lisez bien), m'avaient fait faire "hihan, hihan" à la fin du repas ! je me croyais drôle, ce n'était pas gentil...Ah, ces jeunes, qu'ils soient de n'importe quelle époque, ils ne sont pas conciliants 

                               En ce qui me concerne, j'étais affreusement difficile avant-guerre...les restrictions m'ont habituée à l'être beaucoup moins ! Et maintenant, je parle de cette époque avec humour...pas du tout sur l'instant ! Mais comme chacun le sait "Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger"....C'est ce que nous faisions, de très mauvaise grâce !

                               

    « Minuit....l'heure du crime !Cahin, caha...transports de guerre ! »
    Google Bookmarks

  • Commentaires

    1
    Mercredi 10 Juin 2009 à 18:29
    topinambour et rutabaga.. je n'en ai jamais goûté mais ces mots me rappellent les sermons de mes parents quand mon jeune frère et moi ralions à table parce que nous n'aimions pas les plats préparés par notre mère.. "si vous aviez connu la guerre, vous seriez moins exigeants, etc.." et.. nous finissions notre assiette tout honteux...
    j'espère que de telles périodes ne reviendront jamais..
    Bonne soirée Geneviève !
    2
    Mercredi 10 Juin 2009 à 19:08
    Moi aussi, je "resservais" ça à mes enfants ! il faut dire que ça nous avait marqués !
    Votre visite me fait plaisir. Bonne soirée à vous
    3
    Mercredi 10 Juin 2009 à 19:11

    Bonsoir,

    Stress… Pour les poules, vaches et autres animaux… Période des vaches maigres. Que nous devrions être heureux, nous, générations d’après guerre ! Et ce, malgré les difficultés actuelles. Et pourtant… c’est bien de faire comprendre cela aux plus jeunes. Amitiés. Loic

    4
    Mercredi 10 Juin 2009 à 19:25
    Même les générations de la guerre, qui ont connu tous ces inconvénients, sont parfois bien difficiles, alors qu'il nous suffirait de nous souvenir !
    Amitiés.
    5
    Mercredi 10 Juin 2009 à 19:34
    Le stress ambiant n'était peut-être pas étranger à ce "refus de produire"....
    Nous en avons entendu parler plus d'une fois, des rutabagas....Lorsque nous étions gamins (avec ma soeur et mon frère) et que nous faisons la moue devant certains aliments...Mes parents ont connu la guerre et en ont mangé sans doute bien souvent.....
    Bonne soirée Geneviève.....A bientôt.....

    6
    Mercredi 10 Juin 2009 à 19:35
    Le stress ambiant n'était peut-être pas étranger à ce "refus de produire"....
    Nous en avons entendu parler plus d'une fois, des rutabagas....Lorsque nous étions gamins (avec ma soeur et mon frère) et que nous faisons la moue devant certains aliments...Mes parents ont connu la guerre et en ont mangé sans doute bien souvent.....
    Bonne soirée Geneviève.....A bientôt.....

    7
    Mercredi 10 Juin 2009 à 22:20
    Les rutabagas ont en effet marqué leur époque !
    8
    Mercredi 10 Juin 2009 à 23:04
    Ma mère me racontait qu'on confectionnait des gâteaux de viande...sans viande !
    9
    Jeudi 11 Juin 2009 à 08:01
    Vieux réflexe en effet !
    10
    Jeudi 11 Juin 2009 à 08:03
    J'au vu ma mère faire des gâteaux avec...la crême du lait écrémé ! j'avais droit à 1/4 de litre par jour et on gardait la "peau" qui se formait dessus pour faire des gâteaux...il fallait un peu de temps !
    11
    Jeudi 11 Juin 2009 à 08:55
    Mais... je croyais, enfin, j'étais certaine d'être passée ici hier soir !!!! En tout cas, je le fais aujourd'hui pour dire qu'il faut chasser ce lorent (lui, OUI il faut le virer à mon avis) qui se fait de la pub débile pour qu'on aille chez lui (il est passé chez moi aussi avec le même message). Trop nul!

    Bonne journée!
    12
    Jeudi 11 Juin 2009 à 09:22
    La voix de la sagesse venant de vous!...la pub n'a pas de limites...Comment faire ?
    13
    Jeudi 11 Juin 2009 à 09:29

    Les topinambours, c'est rudement bon
    Ca fait plusieurs fois qu'un voisin jardinier nous en donne.
    J'en ai mis trois quatre en pot pour faire germer et là ils sont à point pour les mettre en pleine terre.
    Bonne journée 

    14
    Jeudi 11 Juin 2009 à 10:53
    Ah ! maintenent je comprends pourquoi ma grand-mère insistait pour garder les peaux de lait
    15
    Jeudi 11 Juin 2009 à 11:02
    Ce n'est pas mauvais du tout, même bon !
    16
    Jeudi 11 Juin 2009 à 11:04
    Le goût est très acceptable...moi j'aimais, ce qui faisait dire à mon père que "j'avais des goûts contre nature "!!!! Mais, valeur calorique=0 !
    17
    Jeudi 11 Juin 2009 à 23:15
    "Rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer"...Il le fallait bien !
    18
    Vendredi 12 Juin 2009 à 08:34
    Ils ne savaient peut-être pas que les restrictions, c'était terminé ? Faut leur faire lire mon blog !
    Pour la suppression, je m'en occupe !
    19
    juvisienne
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:10
    Bonjour

    je connais une Dame de votre générarion, Geneviève.
    Mëme encore à ce jour, et en souvenir de cette période de manque extrême... jamais, jamais, elle ne jette le moindre morceau de pain..
    20
    VERO
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:10
    C'est moi qui aurait eu besoin d'une cellule psychologique hier soir, car je ne l'ai pas mentionné (il parait que ça ne se fait pas) mais je n'ai JAMAIS vu des gens se comporter comme il l'ont fait lors d'un vernissage! Ruée absolue vers le buffet, comme une volée de moineau, pillage total en .... 30 mn montre en main! Nous étions sidérés!
    On ne peut pas dire en plus que les gens soient particulièrement pauvres dans le 5°.....

    Pour Lorant, en fin Geneviève! Suprimez! Coupez! E-LI-MI-MEZ !

    Bises!
    21
    morsli
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:10
    Bonsoir Madame au grand coeur ! je suis content de vous retrouver, vous et votre plume et vos souvenirs ! il vaut mieux rire de ces contrariétés maintenant qu'elles sont derrière vous : mais comment réagiraient les gens maintenant dont certains sont si gavés qu'ils n'hésitent pas à jeter des sandwiches et des pizzas entiers sur le trottoir(j'en vois tous les jours, il y a un lycée près de moi).A votre époque Geneviève, il n'y avait pas de cellules psychologiques pour un oui pour un non, ce qui explique que vous abordiez ces souvenirs sous l'angle de la gravité et de l'amusement à la fois.Vos mots concernant ce que l'on ose à peine appeler nourriture, réveillent plein de souvenirs historiques chez moi.Les mères de famille de cette époque et la votre donc, avaient bien du mérite.Je vous souhaite une belle fin de soirée et vous remercie pour tout.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :