• Petite histoire de guerre...pour sourire !


                             Au printemps 1940....


                            Pendant la drôle de guerre, mon père était mobilisé à PARIS, dans la DCA. Il se trouvait sur "les toits de PARIS", notamment sur le toit des Invalides et de la Caserne de Latour-Maubourg . Équipée de mitrailleuses, son unité était chargée de surveiller si des avions ennemis venaient, avec les plus mauvaises intentions du monde, voler au-dessus de la capitale... Moi, je travaillais Avenue de Latour Maubourg, donc tout près de son lieu d'observation. Dans le ciel de PARIS, se trouvaient des ballons de surveillance, genre  ballons dirigeables, qu'on appelait familièrement des saucisses ! Leur forme leur avait attiré cette appellation, qui datait peut-être de la guerre de 1914 d'ailleurs ?

                             Un jour d'alerte, nous entendons subitement crépiter les mitrailleuses et je dis à mes collègues que mon père et ses hommes étaient entrés en action, qu'il devait y avoir des avions qui survolaient PARIS...en temps de guerre et pendant une alerte, ça ne semble pas anormal. Les tirs n'ont pas duré longtemps...et le soir, en sortant du travail, je suis allée aux renseignements en allant rendre une petite visite à mon père...Je pensais recueillir des informations sur le ou les avions abattus, informations que je pourrais raconter "de source sûre" à mes camarades de travail ! On a sa petite fierté et ça pouvait me donner de l'importance.... Je trouve mon père tout penaud, un peu furieux, et qui me raconte .... Les observateurs avaient fait une erreur et pensant tirer sur des avions, ils avaient mitraillé...une saucisse d'observation, et l'avait descendue ! Donc, aucune croix de guerre à l'horizon, ni aucune citation à l'ordre de l'armée pour ces soldats, mais plutôt...des blâmes ! Et pour eux, dont plusieurs anciens de la guerre de 1914, la honte du siècle !

                               L'erreur est humaine bien sûr, mais, par manque total de charité, nous avons bien ri aux dépens de ces pauvres soldats... Alors que la France était en grand danger, abattre une saucisse n'entrait certainement pas dans les priorités de l'armée, la même armée qui, peu de temps après...s'en allait sur les routes, vers le sud ... Ceci expliquant peut-être cela, allez savoir.... Prendre des vessies pour des lanternes, prendre une saucisse pour un avion, la différence n'est pas bien grande ....

                               Cette histoire que mon père racontait souvent et qu'il n'avait pas oubliée, avait eu au moins un avantage : nous faire rire un peu ! Tout s'annonçait déjà si noir pour les semaines à suivre....

                               

                            

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 22 Mai 2009 à 12:38
    Vous imaginez Geneviève un peu à quoi votre père a échappé : s'il avait défendu Strasbourg ou Toulouse, lui et ses camarades auraient été remarqués pour avoir détruit une saucisse de Strasbourg ou de Toulouse.Plus sérieusement, s'il se fût agi d'un avion et que votre père et ses compagnons l'eussent laissé passé et qu'il y eût des morts, quelle aurait été leur punition ? En temps de guerre, surtout si c'était la nuit et surtout au cas d'alerte, on est stressé et on fait facilement des erreurs.AMITIES.
    2
    Vendredi 22 Mai 2009 à 16:08
    Moi, sans indulgence, je m'étais moquée de mon père et de ses camarades ! j'étais encore bien jeune alors !
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