•                                        Comment c'était avant ?


                                           Je crois bien que je saute du coq à l'âne avec mes souvenirs et mes réflexions diverses ! mais j'ai déjà dit que je n'aimais pas trop le classement et je suppose qu'il faudrait peut-être que je mette un peu d'ordre dans mes idées...je le ferai, promis....quand je serai vieille ! Pour l'instant, je caracole avec bonheur au milieu de mes souvenirs, bons ou mauvais...et au gré de mon inspiration.

                                            Alors je pense effectivement qu'il serait bon que les enfants de  "maintenant" sachent comment les enfants "d'avant" vivaient...Oh bien sûr, on leur en parle bien un peu à l'école, mais les programmes actuels sont très chargés et moi je me souviens bien que lorsque j'étais enfant, on ne regardait pas trop derrière nous. Il fallait aller de l'avant et les progrès vont si vite !  Alors est-ce que ce ne serait pas le rôle des arrières-grands-mères (ce que je suis), et des arrières-grands-pères de  "raconter " à ces petits-enfants avides de savoir comment c'était avant ? Nous, nous avions des grands-parents qui nous racontaient, mais maintenant, les grands-parents sont...de plus en plus jeunes ! Bien souvent, ils ont encore une activité professionnelle ou autre et les disponibilités viennent, pour les histoires tout au moins, des arrières-grands-parents qui eux, sont en retraite et ont du temps.

                                             Apprendre aux petits qu'avant, le lait ne venait pas de bouteilles en plastique ou de brick en carton, mais tout bêtement de la vache...c'était presque du producteur au consommateur ! Et comment on faisait le pain, et la purée avec des pommes de terre qu'il fallait éplucher, et du jus d'orange avec le fruit qu'il fallait presser juste au moment de le boire et...et...et...je ne peux même pas tout énumérer....Leur apprendre que leur maman n'avait pas de lave-linge, mais une bonne vieille lessiveuse et surtout "de l'huile de bras" pour frotter...Qu'elle n'avait pas d'aspirateur, pas de lave-vaisselle, pas de réfrigérateur ou de congélateur, pas de tout ce qui rend la vie plus aisée....Et qu'il n'y avait pas de télévision et que malgré ça, on ne s'ennuyait pas. Nous avions d'autres distractions... Et qu'il n'y avait pas ou presque pas de voitures, qu'on marchait beaucoup, pour aller à l'école ou se promener....Que la plupart des enfants n'allaient pas en vacances... Et qu'on ne trouvait pas des clémentines en été et des cerises en hiver !  Leur apprendre oui, mais surtout leur faire comprendre quelle chance ils ont maintenant et que tout ça, ils le doivent à des hommes et des femmes qui inventent des appareils et aussi à leurs parents qui se dévouent en permanence pour leur bien-être présent et futur.

                                               Nous avions à l'école un livre de "leçons de choses". C'était très important et je revois très nettement les images qu'il contenait. Et si les arrières-grands-parents et bien sûr les grands-parents lorsqu'ils en ont la possibilité, remplaçaient ce livre de leçons de choses ? Je crois que nous avons nous tous, les "z'âgés" comme dit ma petite Anaëlle, un beau rôle à remplir. Quelle occupation agréable et salutaire...nous y trouverions notre compte nous aussi, puisque cela noue éviterait de penser...à toutes les petites misères inhérentes à l'âge qui nous empoisonnent la vie bien souvent pour des petits bobos ! Puisqu'il faut bien parler de quelque chose, alors parlons à nos petits de ce qui pour eux ressemblera à une belle histoire, et à nous ...à une thérapie .

                                                La vieillesse n'est pas si mal, puisque nous avons l'expérience...Partageons avec les jeunes.
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  •                                       Actualités pleines de réminiscences -

                                           Les actualités ne sont pas brillantes ces derniers jours... Afghanistan, Géorgie, Russie ce qui m'oblige à me souvenir....souvenirs un peu confus parfois parce que très anciens. C'était "l'entre-deux guerres", alors que des pays étaient menacés, des régions réclamées par cet Hitler...J'étais encore bien jeune, mais je me souviens que le climat était alors un peu lourd. On se demandait jusqu'où irait Hitler...On y croyait, on n'y croyait pas ! Le doute pesant était bien présent et ce, pendant des années. Mais à partir de début 1939, ce doute n'était plus permis...On connaît la suite.

                                           Une fois de plus, au mois d'août, même sans se l'avouer, il nous faut bien reconnaîtreque ça ne va plus très bien en Europe notamment, c'est-à-dire à notre porte. Je n'ai pas un tempérament pessimiste, mais là, je suis un peu inquiète ..."chat échaudé...." . La diplomatie est en marche. En 1938/1939 aussi ! 

                                           Ne pourrions-nous vivre normalement ? Nous avons déjà bien assez de soucis avec nos petites difficultés journalières. Si seulement les peuples pouvaient s'entendre ! est-ce si difficile ?

                                           Mon humeur n'est pas au beau fixe aujourd'hui ! Je vais donc espérer en des jours meilleurs et ne pas encombrer cette page d'idées noires. Mais cela m'a tout de même un petit air de "déjà vu" et si lointain soit-il, je préférerais que ce petit air en reste là.

                                            L'espoir fait vivre, alors vivons ! mais en paix surtout.
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  •                                       26 août 1946 -


                                          Cette fois-ci, ma vie de "jeune" était bien terminée, elle qui avait à peine commencé ! La jeunesse est insouciante dit-on ? Oui, mais quelle jeunesse ? Celle qu'on nous avait faite ? Pas extra celle-là, alors, il fallait aller de l'avant, ce que nous avons fait en ce 26 août 1946, sous une pluie battante ! Maire et Curé nous ont unis "pour le meilleur et pour le pire".  Mon mari était revenu quelques mois plus tôt d'un "voyage organisé en Allemagne" qu'il avait fait sans son consentement ! Il n'avait pas voulu signer mais personne n'avait pris en compte son mouvement d'humeur ! En route pour Neukuren en Prusse Orientale....voyage payé ! de quoi se plaint-on ? Au printemps de 1945, son camp a été libéré par les Russes et ils ont été emmenés en Russie à pieds....Pas terrible comme promenade, surtout quand vous êtes mal chaussé (mon mari ayant voulu faire sécher ses chaussures au-dessus d'un brasero, une des chaussures était tombée dans le feu ! il a continué la route avec ce qu'il a pu trouver : une chaussure haute et une chaussure basse !) Donc, là aussi, si le voyage était gratuit, les conditions de transport laissaient à désirer ! Il en parlait très souvent, ça l'avait terriblement marqué ! Les soldats russes les ont un peu (beaucoup) dépouillés...ça se faisait à cette époque . Plus de montres, plus de porte-monnaie, plus de canifs...mais bien sûr, c'était pour qu'ils puissent mieux marcher; c'est bien connu, moins on est chargé, mieux on marche ! Admettons !

                                           Donc prendre femme ne lui a pas semblé au-dessus de ses forces, avec ce qu'il venait d'endurer depuis 1943. Il y a des degrés dans la douleur et puisqu'il s'engageait à ce que ça soit pour le meilleur et pour le pire, il ne fallait pas chipoter ! Pour moi, les années qui venaient de s'écouler n'étaient pas les meilleures de ma vie. Alors, en route pour cette grande aventure ! Pourquoi pas ?

                                            Ah bien sûr, les débuts n'ont pas été faciles, faciles...On ne trouvait rien ou presque. Notre vie était une véritable chasse aux trésors dans laquelle nous étions aidés par la famille compatissante ! Un jour on trouvait une assiette, un jour deux casseroles...Pas de choix, pas de marques à comparer. On prenait ce qu'on trouvait et...à condition que les prix n'en soient pas trop exagérés ! C'est sans doute ce qui explique la tristesse de mon époux lorsque, très peu de temps après notre union, j'ai cassé en trois jours un plat et une carafe ! il m'a dit d'un air si triste "si tu continues comme ça, il ne nous restera bientôt plus rien" ! Pessimiste avec ça...J'ai quand même essayé de faire attention...On ne sait jamais, tout peut se casser...même une union récente...

                                            Les débuts des jeunes couples en ces périodes de guerre et d'immédiat après-guerre étaient quand même un peu risqués. Mais nous n'y pensions pas, nous la vivions enfin cette jeunesse insouciante ! Nos parents s'en faisaient sûrement plus que nous... 

                                            Et voilà, le plus courageusement du monde nous avons eu trois enfants et "le meilleur et le pire"ont duré ensemble 58 ans. C'est pas si mal non ? Et aujourd'hui je me souviens de ce jour de pluie, alors qu'un beau soleil éclaire mon appartement ! Les jours, les années se suivent....et ne se ressemblent pas !

                                           

                                          
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  •                                      
                                          Liesse populaire...et règlements de comptes -


                                          Nous étions tous si heureux de voir enfin ce jour tant attendu, le départ des Allemands et notre liberté recouvrée... Pourquoi faut-il que cette joie ait été un peu ternie par des exactions venant la plupart du temps de
    personnes qui s'étaient fort bien adaptées à la situation depuis quatre ans ? Les Résistants ont fait de la résistance avec courage et détermination, pour le bien de tous...Mais il y a eu les résistants de dernière heure, ceux qui ont attendu de voir "comment ça tournait", pour crier et agir plus fort que tout le monde ! Malheureusement, oui il y en a eu et le brassard des FFI  a quelquefois bien rendu service...pour en dédouaner certains. Quand la lâcheté est doublée de bêtise, cela peut tourner très vite à la catastrophe...(lien : www.dandylan.over-blog.com )

                                           N'était-il pas suffisant que certains allemands, en reculant, aient cru devoir encore tuer des innocents, des civils. ? Des villages entiers ont été incendiés et les habitants abattus comme des animaux...Triste époque..."oublier de se souvenir" est-ce possible ?

                                            Mais en France, les vexations, les exécutions sommaires sans procès de citoyens dont  certains étaient bien inoffensifs, n'étaient pas obligatoires ! Cela, je l'ai vu. Ah ! ces règlements de comptes personnels.... C'était très triste et tellement inutile. OUI, il fallait arrêter les collaborateurs, les dénonciateurs (et il y en avait) et leur faire un procès... OUI  il fallait venger  (alors même que la vengeance n'est pas réparatrice) mais légalement, ceux qui avaient été déportés sur dénonciation ou fusillés par l'occupant, OUI il fallait punir...,mais ne pas se montrer plus sauvages que ceux dont on avait été si heureux de se débarrasser. Heureusement, cette période n'a pas duré longtemps et la justice a repris son cours, en toute légalité. Le téléfilm vu à la télévision il y a peu de temps et concernant Sacha Guitry, est très représentatif de cette époque et ne "romance" pas cette affaire qui est une parmi tant d'autres.

                                            Quand je repense à cette période, j'ai un peu honte...J'aime être fière de mon pays et là, j'avoue que pour moi, c'est la tristesse qui a dominé pendant ces quelques jours de folie. Heureusement que la résistance, la vraie était quand même plus importante que cette "simili-résistance" de dernière heure! Celle-là, j'en suis fière !


                                            
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  •                                       Et si c'était terminé ?


                                          Ce 24août 1944 n'allait pas être un jour comme un autre...mais le matin, nous ne le savions pas, quoique....Il aurait fallu être très naîf pour penser qu'un changement ne se préparait pas ! J'habitais en banlieue et on entendait bien dire que les alliés n'étaient pas très loin, que les parisiens se battaient contre l'occupant...Mais "ce qu'on entend dire"  et qu'on espère n'est pas toujours exact ! Les rumeurs vont et viennent...Ce qui est certain c'est que les allemands semblaient fort agités et étaient de moins en moins compréhensifs...L'avaient-ils même jamais été depuis ces quatre années d'occupation ? la réponse est non ! Nous étions de plus en plus inquiétés par des contrôles, des perquisitions au commissariat de police où je travaillais...La vie n'était pas "un long fleuve tranquille" !

                                           Alors, comment décrire notre joie lorsque nous avons vu dans le ciel ces petits flocons blancs qui descendaient ? Nous ne pouvions d'abord pas y croire, on attendait ça depuis si longtemps ! Des parachutistes annonciateurs de ce qui allait se passer...notre libération ! Enfin ! Et puis ce furent les blindés des alliés, la fuite des allemands...tout allait si vite ! Les alliés sont entrés dans Athis/Juvisy, puis se sont repliés dans la soirée pour des raisons techniques sans doute....Mais les allemands sont rentrés à nouveau...tout ça a occasionné une certaine confusion et malheureusement des morts dans la population les allemands tirant sur tout ce qui bougeait, même dans les jardins....

                                           J'étais inquiète pour ma mère qui était à la maison...Je suis vite revenue et...ne l'ai pas trouvée! Elle aussi s'inquiétait pour moi et avait voulu venir à ma rencontre ! C'était plus que risqué... Mais nous ne pensions pas si loin, ni l'une ni l'autre ! Nous avons enfin pu nous rencontrer et lorsque nous avons été de retour chez nous, nous avons constaté qu'il y avait eu un "mini-combat" dans notre jardin et nous avons trouvé, fichées dans le mur de la salle à manger, deux balles de mitraillette ! Nous avons eu très peur à retardement ! 

                                            Quelle belle soirée....Avec des voisins et des collègues, je me souviens que nous avons fêté cette libération...Pas de champagne, nous n'en avions pas...mais du vin blanc ! Moi qui ne buvais que de l'eau...Le réveil le lendemain a été un peu douloureux...aïe la tête ! Mais ce n'est pas tous les jours la Libération et si "Paris vaut bien une Messe", la "liberté vaut bien une petite migraine" !

                                            Tout n'était pas terminé malheureusement, mais un grand pas avait été fait grâce au courage des soldats, des résistants, de tous ceux célèbres ou non, qui étaient épris de Liberté. Merci à tous.

                                           
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