•                     Etions-nous heureux ?

                        Alors que je voulais aujourd'hui écrire un article sur nos bonheurs simples de jadis, je lis cette citation sur un blog ami "Les Racines et l'Esprit", citation de Eve Belisle - poétesse et romancière québécoise:

                        « Les humbles travaux quotidiens, la simplicité de la vie, les modestes joies qu’on se tisse dans la couleur du temps qui passe, tout cela ressemble étrangement au bonheur. »

                            
    Petits travaux de tous les jours effectués par la femme, (alors que l'homme, chef de famille, était chargé de travailler pour assurer la vie matérielle de la famille), vous étiez durs souvent, fatigants...Mais, après le travail accompli, la femme était heureuse : elle avait bien rempli sa mission, sa maison était bien tenue, ses enfants bien nourris et propres...C'était un vrai bonheur et la fatigue était oubliée. Je ne me souviens pas avoir entendu ma mère dire "je suis trop fatiguée..." Et pourtant ! Mais elle était fière de sa maison, de sa famille et...d'elle-même ! Bonheur étrange mais bonheur tout de même ... Soumission peut-être ? c'est ce qu'on dirait maintenant... Oui, les femmes l'étaient, trop sans doute, mais si dans cette soumission elles "tissaient les joies dans la couleur du temps qui passe" ? Elles avaient été bien souvent "programmées" pour cette vie, elles n'étaient pas déçues...Elles donnaient de l'amour, du bonheur et c'était leur force.

                          Etions-nous heureux, sans voitures, sans appareils ménagers, sans vacances, sans rien de ce qui est censé être indispensable au bonheur de notre époque ? Oui, nous l'étions ! la famille comptait beaucoup, on faisait des jeux en famille, on allait en pique-nique le dimanche, en vacances en famille quand on le pouvait (!). Les parents étaient aimés et respectés...Tous ces petits bonheurs simples étaient appréciés de tous. 

                          Autre époque, autres joies...nous vivions dans le calme, pas dans cette vie trépidante qui est la nôtre maintenant...La machine était mieux "huilée" ! Pas trop d'incertitudes...Mais ça, c'était avant la guerre ! Cette époque, je ne la regrette pas, j'y pense très souvent, avec nostalgie, elle fait partie de mes souvenirs d'enfance mais ne m'empêche pas d'apprécier certains côtés de la vie actuelle...Pas tous !

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  •                         C'était l'époque insouciante...

                                  Un coup de fil d'un ami de jeunesse, grand ami de mon frère, vient de m'apprendre la disparition d'un ami commun...Jacques avait 91 ans ! Il faisait partie de "notre bande de jeunes" et était notre aîné. Je l'avais connu à la fac de droit et comme il habitait dans une petite ville proche de Juvisy, il avait été intégré à ce groupe d'étudiants qui voyageaient par le train de banlieue... Ah ! ce groupe, il était joyeux ! nous étions insouciants, tout en voulant refaire le monde et surtout barrer la route à Hitler...

     

                             Et voilà, les amis disparaissent...Nous ne sommes plus que deux ! Certains sont partis très jeunes comme mon frère, d'autres ont vécu une vie de famille avec femme et enfants...De loin en loin, nous avions des nouvelles les uns des autres, ce qui nous permettait les "t'en souviens-tu" chers aux amis de jeunesse ...Je disais que nous n'étions plus que deux, François 90 ans et moi 87 ans bientôt ! Je suis, comme je l'ai toujours été dans cette bande "la petite dernière" ! Je ne peux m'imaginer que tous aient vieilli ! je les revois si jeunes (et je me revois si jeune)....Mes souvenirs de tous sont de bons souvenirs. Je sais ce que l'avenir nous réserve...pour ça, nous sommes tous égaux ! Resterais-je la "petite dernière" ? Mystère....En attendant, quelque chose s'est bloqué dans ma tête qui ne veut pas trop vieillir !

                             Revoir, même en pensée, tous ses amis de jeunesse, c'est agréable et attendrissant...Nous étions jeunes et il nous semblait que nous resterions ainsi !

                             Adieu ami...Tes vingt ans, ton petit accent de Béziers...je m'en souviens si bien ! Comme tous les autres amis, tu as fait partie de ma vie...ça ne s'oublie pas.

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  •                              Tout ce que j'aime...

                                 Il y a quelques jours, j'ai entendu une interview à la télévision, celle de Charles AZNAVOUR ... J'aime beaucoup ce compositeur, parolier, interprète...Ses chansons veulent toujours dire quelque chose, il ne véhicule pas simplement des mots pris au hasard...Et il a avoué qu'il aimait les mots pour eux-mêmes, pour ce qu'ils veulent dire...Des études ? je ne pense pas qu'il en ait fait beaucoup, mais de la culture, il en a ! C'est une nuance....J'étais ravie de l'entendre parler si simplement d'un problème important à notre époque. Et pour une fois, j'ai tout écouté ! C'était un vrai bonheur, tout ce que je ressentais moi-même en me disant parfois que j'étais peut-être trop exigeante...Et voilà, je ne suis pas la seule !!! Quelle référence pour moi ! Et quand je l'ai entendu dire qu'il aimait les dictionnaires, tous y compris ceux des synonymes...si nous n'avions pas été séparés par un écran de télévision, je l'aurais bien embrassé !

                         Les dictionnaires ? à mon époque, on apprenait très tôt à s'en servir. Moi, j'adorais ! c'est fou ce que je pouvais découvrir dans cette Encyclopédie "QUILLET" que mon père avait achetée...Chaque écolier avait son "LAROUSSE" et qui servait ! Et je n'ai pas changé...le dictionnaire, mais il est à portée de ma main et de ma vue...Il m'arrive souvent de m'en servir, très souvent même ! Hier encore...

                         Parce que, hier, j'ai entendu ce mot employé au cours du reportage sur les cérémonies du 11 novembre : "Exceptionnalité"...Tiens, un mot qui n'est pas employé souvent ? vite TOUS les dictionnaires de la maison, pour constater qu'ils étaient muets sur ce mot ! Il faudra que je regarde dans un dictionnaire récent "ça doit être nouveau, ça vient de sortir"...Google ne m'a pas trop renseignée non plus... C'était pour dire que la présence de la chancelière allemande aux cérémonies du 11 novembre, était tout à fait exceptionnelle ! Bien sûr, j'avais compris...La présentatrice l'a employé une fois et le mot a été vite repris par un autre commentateur...Moi, je veux bien...Je pense que mes dictionnaires sont obsolètes, un peu comme moi, tout en étant beaucoup moins âgés...Tout change, même les mots.

                        Ah, au fait, "Mr. GOOGLE" m'a appris qu'il n'y avait pas de synonyme pour ce mot...Faisons confiance aux médias, ils ne vont pas tarder à en trouver un ! Exceptionnalité...des mots, toujours des mots !

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  •                                         Jeunes filles de jadis....

                                            Coquettes, bien chaussées, bien coiffées, bien maquillées parfois....à partir d'un certain âge ! ça, on n'y avait pas droit trop jeunes !  Les jeunes filles d'avant-guerre et même d'après guerre jusqu'à une certaine époque, devaient impérativement remplir ces conditions si elles voulaient qu'on les remarque ! Et quelle jeune fille ne le voudrait pas, même à notre époque ? Attirer les regards masculins surtout, c'est un jeu et souvent un art !

                                             L'époque de ma jeunesse n'était pas à la décontraction...Il fallait souvent "savoir souffrir pour être belle" ! C'est ce qu'on appelait l'apparence ! Il fallait avoir bonne apparence, ce qui vous menait vers la "bonne tenue", indispensable alors ! La coquetterie, l'élégance (ou ce qu'on croyait telle), dirigeaient notre vie. Il fallait "bien présenter".... Des chaussures au chapeau, ça devait être joli à regarder, même si les finances n'étaient pas extraordinaires...Il y avait toujours un petit "truc" personnel qui faisait que vous étiez "vous" avec votre élégance particulière et très souvent bon marché. Ce qui comptait, c'était le regard que les autres vous portaient....et que vous vous portiez ! Uniquement pour les filles ? que non pas ! les garçons aussi aimaient être à leur avantage....C'était ainsi....Les chaussures devaient briller, bien cirées avec ardeur au moyen de cirage, brosses et chiffons ! Gare à celui ou celle qui avait des chaussures un peu sales, cela dénotait un manque de soin évident ! Des mèches rebelles qui s'échappaient d'un chapeau ? même diagnostic !

                                               Est-ce que tout cela semblait contraignant ? non, nous n'y pensions pas ! c'était comme ça ! Il s'agissait d'un plaisir personnel et en même temps d'une marque de respect pour les autres ; ça faisait partie de l'éducation !  Que vous alliez à un bal ou vous présenter chez un nouveau patron, ce qui comptait, c'était LA TENUE ! Qu'importait alors si votre chapeau vous tenait un peu chaud, si vos chaussures vous serraient un peu les pieds !, si vous n'étiez pas trop à l'aise pour courir après un train ou le métro, ou l'autobus ! Au nom de "ce qui se faisait", on acceptait tout...ou presque !

                                               C'était jadis, et c'était un peu trop peut-être....Mais maintenant, quand je vois des personnes assises, un peu avachies sur une banquette de tram, les pieds aux chaussures douteuses posées sur la banquette d'en face, je me demande qui est le plus heureux ? Le "cool" ou celui qui pensait à "l'autre" ? Et je revois ces jeunes filles si jolies, chaussées de chaussures fines qui leur donnaient une allure dansante....La petite "midinette" était élégante....c'était la jeunesse heureuse de vivre. Je me dis que les temps ont changé...bien ou mal ? Trop de contraintes avant, plus assez maintenant !

                                                Allez, soyons "cool"......mais ça n'empêche pas la nostalgie !

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  •                           Une expression courante....

                              Je crois vraiment que c'était ce que nous avions fait avant la guerre...Même si pour certains, manger simplement du pain était alors parfois difficile, nous avons connu pire pendant l'occupation ! Restrictions de pain, portions congrues, le tout pour un pain qui ne ressemblait plus du tout à notre bon pain d'avant-guerre ! Ce bon et beau pain qu'on achetait le plus souvent au poids (baguettes et pain dit de fantaisie n'étaient pas monnaie courante sur les tables), était un vrai régal pour les yeux et le palais ! Croûte bien dorée et croustillante à souhait vous mettait en appétit...On le mangeait par plaisir. Je me souviens que lorsque mon frère était puni et privé de l'accompagnement du pain pour le goûter, il prenait une grosse tartine, en coupait un tout petit morceau qu'il mettait dans sa main gauche la droite gardant le plus gros morceau, et il disait "ça, c'est mon pain, ça c'est mon fromage (ou mon chocolat)". Et il se régalait ! Il n'y a que la foi qui sauve ! Et ça nous faisait rire...il en fallait peu !

                                Pendant la guerre, une cousine nous a fait admirer un jour un morceau de pain "d'avant-guerre" qu'elle avait précieusement gardé, bien emballé...La mie devenue très dure et sèche, était d'une blancheur inimaginable ! On ne se souvenait plus que cette denrée indispensable avait pu être si blanche ! Celui que nous touchions moyennant ces tickets de sinistre mémoire, pouvait être gris, jaune lorsqu'il était fait au maïs (!), lourd, agrémenté de résidus de paille ! On l'appelait quand même du pain...quelle hérésie !

                                 Tel que ce pain était, avant ou pendant la guerre, on ne le gâchait pas ! Ne jamais jeter du pain, c'était une règle bien établie...On le respectait comme on respectait le boulanger qui le faisait....et le paysan qui avait récolté le blé ...

                                  Autres temps, autres moeurs....Oui, nous avions vraiment mangé notre pain blanc le premier.

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