• Minuit....l'heure du crime !


                             Ou....la mort du cochon !

                             C'était pendant l'occupation (toujours elle !) en 1942 si je me souviens bien... Les restrictions de toutes sortes nous tombaient dessus et parfois (!) la faim se faisait ressentir...D'accord, nous avions les rutabagas, à volonté...mais pour nourrir un estomac qui crie famine...je n'insiste pas ! essayez vous-mêmes ! Donc, tous les moyens étaient bons pour "compenser", avec ou...sans tickets (plutôt sans !).

                             Nous avions des amis commerçants, qui vendaient savon, lessive, produits d'entretien pour la maison et produits de beauté...Ils faisaient les marchés, et dans la foulée un peu de troc ! "Je t'échange une savonnette contre un quart de beurre"...Ce n'était pas du marché noir, ils étaient contre..A l'occasion, si une bonne affaire se présentait, on pouvait toujours voir ! Et c'est ainsi qu'un jour ils ont pu avoir un cochon vivant ! Une aubaine ! Ils avaient décidé d'en faire profiter quelques amis, dont ma mère et moi...Mais pour ça, le cochon devait mourir, et c'était ça le plus compliqué !

                             Son sort fut donc décidé en petit comité, mais à l'unanimité l
    il devait mourir d'un coup de pistolet par la main d'un gardien de la paix ami de mes amis(pas du tout permis, mais dans la vie il faut bien prendre des risques) L'heure était fixée à minuit, quand tout dormait aux alentours....Prudence, prudence....Nous étions tous présents et attendions le coup de feu, le coeur battant...V'lan ! notre tireur qui ne devait pas être d'élite, a raté le cochon....Qui a déjà entendu un cochon qui a peur ? Pire que toutes les sirènes de France réunies...le pauvre cochon a braillé de toutes ses forces, nous mettant tous en transe ! Dans le silence de la nuit, c'était un peu bruyant. Le tireur a recommencé son tir avec succès, le silence est revenu, notre tranquillité pas du tout ... Notre ami a cru bon de faire des largesses en distribuant le lendemain quelques côtelettes aux voisins proches de chez lui...On ne sait jamais....Quelle émotion ! quelle affreuse mort pour ce cochon  dont le seul tort était de représenter un supplément "sans tickets"...Mais c'était la guerre...



                              

                             

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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Juin 2009 à 10:50

    Je n'ai jamais mangé de rutabaga et je ne sais même pas à quoi cela ressemble! Est-ce que cela se cultive encore, et comment cela se cuisine-t-il?

    C'est fou (et drôle!) cette histoire! Quelle émotion! Mais personne n'a bronché en entendant les coups de feu?
    2
    Mardi 9 Juin 2009 à 11:10
    Les rutabagas ? ma grand-mère mettait ça dans le pot-au-feu (avant la guerre). Et...en donnait aux lapins ! C'est un peu comme du navet.
    Pour le coup de feu, personne n'avait bronché en effet...la peur était que des allemands entendent. Mais le jardin de mes amis était immense...alors...
    3
    Mardi 9 Juin 2009 à 11:12
    Nécessité fait loi !
    4
    Mardi 9 Juin 2009 à 18:05

    Les hommes se battent et les cochons servent, par leur mort, à requinquer les organismes épuisés par les privations. Il faut bien que la chaine alimentaire perdure, sous peine que notre humanité ne dégénère… Amitiés. Loic

    5
    Mardi 9 Juin 2009 à 18:45
    Elevés souvent dans la clandestinité, les pauvres cochons ont bien "payé de leur personne" pendant la guerre !
    Amicalement
    6
    Mercredi 10 Juin 2009 à 11:19

    Moi non plus je n'ai jamais mangé de rutabagas, mais je me rappelle, petits, quand nous ne voulions pas manger avec mon frère, mon père disait je vais vous donner des rutabagas
    Bonne journée

    7
    morsli
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:10
    Ah ma chère Geneviève, je crois bien que le rutabaga deviendra un aliment pour snobs ce qui correspond bien à la société dans laquelle nous vivons où il est si facile d'abuser les gens qui ont perdu la qualité de réfléchir et de juger par eux-même.Demain, je viens lire tous les articles que je n'ai pas vus encore et j'irai chez Loïc aussi.Bonne nuit Geneviève.
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