• Le Père Lachaise ? ah non, pas encore.......


                                          Faire attention à ce qu'on dit...

                                          C'était en juillet 1974. Nous revenions de Marseille où nous avions rendu visite à nos enfants et nous attendions notre premier petit-fils (ou petite-fille, à l'époque, c'était encore la surprise !). Ma fille n'avait pas trouvé tout ce qu'elle voulait pour le bébé et m'avait demandé de trouver ce qui manquait à PARIS. Bon, c'est bien connu "à la Samaritaine, on trouve tout". Plus maintenant hélas...En partant travailler, je fais donc un petit crochet par la rue de Rivoli, en autobus ce n'était qu'une promenade...presque. Nous habitions alors près du métro Père Lachaise. Je savais exactement où il fallait que je me rende, quel était le rayon, à quel étage (rez-de-chaussée); donc, je ne serais pas trop en retard, ce qui ne fait pas bon effet quand vous rentrez de vacances ... Je me prépare à descendre du bus rue de Rivoli et je saute sur le trottoir ! Aïe...des barrières avaient été posées quelques jours avant pour la visite d'un hôte de marque dans la capitale, mon pied se prend dans une de ces barrières et se retourne ! Cri de douleur..c'est normal. Ce qui l'était moins, c'est la forme que prenait mon pied droit. Il ressemblait plus à un ballon qu'à un pied...on ne voyait plus la cheville. Mais bon, être grand-mère pour la première fois mérite qu'on fasse quelques petits sacrifices. J'essaie de traverser la rue de Rivoli, la douleur était de plus en plus présente...Je me traîne littéralement jusqu'à la Samaritaine où une vendeuse compatissante va elle-même me chercher l'objet désiré. Et je ressors, j'avais de plus en plus mal, ça devenait insupportable....Je décide donc de retourner chez moi, je ne pouvais pas aller plus loin dans PARIS. Je hèle un taxi qui passait, je ne pouvais plus avancer et comme une gamine, contre ma volonté...je pleurais à chaudes larmes ! Horrible cette douleur que je devais supporter ! Le chauffeur de taxi, sans s'arrêter me crie d'aller à la station de taxis ! Celui-là, je le retiens ! il aurait fallu me porter, mon pied se refusant à le faire... Désespérée la future grand-mère, au bord de l'évanouissement ! Un brave homme qui se promenait avec sa femme me propose d'aller lui-même me chercher un taxi à la station. Enfin quelqu'un d'humain !

                                              On m'aide à monter dans le taxi alors que mes larmes coulent toujours (celles-là, quand elles ne veulent pas s'arrêter...rien à faire). Mon chauffeur se retourne et me demande où il doit me conduire. Un travail se fait en vitesse dans ma tête, je pense que nous habitons une petite rue toute nouvelle, qu'il ne doit pas connaître et afin qu'il ne perde pas de temps, je lui dis dans un sanglot "Au Père Lachaise !". Je pensais le guider lorsque nous arriverions là ! Et il me répond "ah! non, ma petite dame, pas encore, il faut garder le moral ". Il avait le coeur à plaisanter lui, mais pas moi qui m'étais transformée en statue de la désolation....C'est à ce moment que j'ai compris que j'aurais dû réfléchir à ce que je disais ! Et j'ai alors pris la décision de me faire "débarquer" dans une clinique rue des Boulets, tout près de chez moi...et du bureau de mon mari ! C'est là qu'il est venu me récupérer après qu'on m'ait passé des radios et qu'on m'ait annoncé fièrement que j'avais "une magnifique entorse " ! Ils ont de ces mots ! magnifique, alors qu'elle me faisait tant souffrir....

                                               Pauvre chauffeur de taxi...je me demande quand même ce qu'il a pensé de moi ? Moi qui ne voyais plus rien, qui ne pouvais plus réfléchir, qui pensais seulement que j'en avais pour trois semaines et qu'en rentrant de vacances, ça la fiche vraiment mal !

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  • Commentaires

    1
    Mardi 13 Janvier 2009 à 18:16
    c'était une réplique vraiment "théâtrale", finalement !
    J'adore comment vous racontez ça !
    Bisous et bonne soirée à vous,
    2
    Mercredi 14 Janvier 2009 à 11:28
    oui, réplique "mélo-dramatique" !
    3
    Mercredi 14 Janvier 2009 à 11:47
    Jolie cette anecdote..., pour l'entorse il valait mieux se diriger vers une clinique.
    Bonne journée
     
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