• L'hiver et ses inconvénients en....1941

                        Les engelures...

                        Le froid semble vouloir marquer le pas. Ouf ! Entre la neige, le verglas, les températures négatives...nous étions tous touchés. Et moi, je me souviens de cet hiver 1941, alors que nous n'avions pas de chauffage, presque pas de nourriture..., qu'il était difficile d'admettre toutes ces privations et qu'il fallait en plus subir les inconvénients des grands froids ! L'hiver avait été rude (comme tous ceux de guerre d'ailleurs)...). Les inconvénients, ils étaient nombreux : froid aux pieds, froid aux mains, froid au corps et le tout sans possibilité de se réchauffer...Maisons glaciales, bureaux à l'identique ... Bien sûr, on mettait de grosses écharpes, deux paires de gants, deux paires de chaussettes ou socquettes...Rien n'y faisait.

                         Et voilà que je me mets à avoir très mal aux pieds, notamment aux talons...Pour se chausser, ce n'est pas le rêve...Pieds rouges, crevassés...je vais voir le médecin...diagnostic : engelures ! Les engelures, ça provient du froid, de carence alimentaire (là, nous étions servis) et pour les soigner à l'époque, ce n'était pas facile. Impossible de me chausser le matin, mes pieds ne voulant plus entrer dans mes chaussures. Nous ne nous entendions plus ! Bien sûr, j'ai eu droit à un traitement notamment de pommade...mais pas très efficace ! Heureusement, je travaillais chez un ami de mes parents qui habitait tout près de chez nous (deux maisons plus loin) et...j'allais travailler en chaussons que j'enfilais comme des savates !!! Quelle élégance à 18 ans. Je n'avais pas le choix...Et toujours cette douleur lancinante. Moi, quand j'ai mal aux pieds, je ne pense qu'à ça ! Mon cerveau se bloque ! Et au diable la coquetterie, j'avais trop mal ... Je n'étais pas la seule, cela faisait partie de la panoplie des inconvénients de l'occupation !

                          Nos maisons, chauffées maintenant, renvoient au rayon des souvenirs désagréables les hivers de guerre. Mais je n'oublie pas que des gens couchent dans la rue, au grand froid...Mais si cela ne s'appelle pas la guerre, ce n'est pas mieux.

    « Au nom de l'éducation...."Laisse aller, c'est une valse".... »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 18 Janvier 2010 à 18:43

    Les engelures !! Voilà un mal oublié qui faisait nos démangeaisons des soirs. Et les bouillotes brulantes qui, parfois, humidifiaient le lit lorsque le bouchon n’était pas bien mis…

    Oui, les hivers n’étaient pas les mêmes… Nous n’étions pas aussi frileux. 14° était une température acceptable avec des matins compris aux alentours de 5°.

    Bonne soirée. Avec amitié. Loic

    2
    Lundi 18 Janvier 2010 à 19:42

    Nous en avions des maux que nous sommes bien contents d'avoir oubliés !
    Amitiés

     

    3
    Lundi 18 Janvier 2010 à 23:35
    Et moi, je me demande toujours où nous avons trouvé le courage de nous laver pendant les hivers de guerre !!!
    4
    Mardi 19 Janvier 2010 à 08:31
    "Horrible souvenir" parmi d'autres de l'époque !
    5
    Mardi 19 Janvier 2010 à 09:11
    A l'époque je n'étais qu'un tout petit bébé et donc je n'ai pas souffert de quoi que ce soit  ( Paix sur mes parents )  Les quelques dates repaires dans ce récit me font vous voir comme une aînée , dans un joli salon aux lourdes tentures et tableaux pastels ...un décor noble et paisible comme la Dame des lieux - je vous salue donc avec le plus grand respect et souhaite vous lire longtemps
    6
    Mardi 19 Janvier 2010 à 09:27
    Oui, je suis "l'aînée". Mais pas de lourdes tentures, pas de tableaux pastels, un décor fait de tous mes souvenirs...Merci pour ce com.
    7
    Mardi 19 Janvier 2010 à 20:13
    Ah si tout le monde pouvait avoir sa "ration" de calories ! quant on a l'estomac plein, on supporte bien mieux le froid.Alors, en période de restrictions, pas étonnant de subir tous ces désagréments.Comment se réchauffer dans ces conditions ? Malheureux sont les SDF ! cette évocation en fin d'article, vous fait honneur.
    Bonne soirée Geneviève. 
    8
    Mardi 19 Janvier 2010 à 20:56
    L'époque ne se pprêtait pas au réchauffement. Il n'y avait rien ou presque !
    9
    Mercredi 20 Janvier 2010 à 01:31
    Ma mère habitait le nord de la France et me relatait les souvenirs de cet hiver 1981 très éprouvant, et ce d'autant plus qu'on traversait une période de guerre accompagnée de tas de restrictions d'eau, de chauffage...
    J'ai personnellement connu les engelures (démangeaisons et pieds crevassés), ayant vécu des hivers rigoureux dans une maison peu chauffée du nord de la France.
    10
    Mercredi 20 Janvier 2010 à 08:27
    les engelures, la gale...et les poux...j'ai été gâtée alors et je n'en suis même pas reconnaissante !
    11
    Mercredi 20 Janvier 2010 à 08:50
    Quelle horreur, à la longue, jour après jour, ça doit être épouvantablement usant d'avoir mal, de ne pas avoir d'espoir...
    12
    Mercredi 20 Janvier 2010 à 09:18
    Usant certainement. Mais on vivait d'espoir et c'est important.
    13
    Véro
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:05
    Ah ça!
    C'est sûr, les engelures ont disparu de nos dictionnaires depuis longtemps. C'est bien que vous nous rapeliez à quel point nous vivons confortablement sans nous en rendre compte...
    Que dire de nos enfants....
    C'est drôle, notre chaudière a justement fait des siennes tout à l'heure et nous venons tout juste de la remettre en ordre et en service. Avant de lire votre post, je me demandais où je trouverais le courage de me doucher et de me laver les cheveux demain matin sans eau chaude....

    Je ne me pose plus la question....
    14
    juvisienne
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:05
    oh! les engelures! comme ça faisait mal! j'en avais surtout aux doigts (de main et de pied!)"mais ne joue pas avec la neige!" me disait ma Grand'Mère! oui, mais c'était si amusant! seulement après.. aïe...
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