•                                       Un jour sans inspiration....

                                          Aujourd'hui, je ne pensais pas déposer un article sur ce blog. Pas très envie, pas d'inspiration....Autrement dit "un jour sans".... Et voilà que dans un commentaire sur un de mes récents articles, cette question m'est posée : "Vous est-il arrivé de penser au cours des choses, si la guerre n'avait pas eu lieu " ? La réponse est venue , rapide, irréfléchie ? que non pas ! j'y pense souvent !

                                          Tout d'abord, si la guerre n'avait pas eu lieu, je n'aurais pas de souvenirs de guerre à raconter (ça c'est une La Palissade). . Mes souvenirs personnels seraient beaucoup moins intéressants à publier, ceux d'une petite française sans histoire, de sa petite famille, de sa vie toute simple ! Quel intérêt pour le commun des mortels ? Alors que pour les personnes de ma génération, il y a eu  "un avant" et "un après". Notre vie semble avoir été coupée en deux..

     

                                           Si je pense très souvent au cours des choses "si la guerre n'avait pas eu lieu", c'est évidemment en ce qui me concerne ; ma vie aurait sans doute été toute autre. J'aurais continué des études puisque j'avais la chance d'avoir des parents bien décidés à se sacrifier pour mon frère et moi...Ce n'était pas courant à cette époque d'avant-guerre. Mon frère ne serait pas mort à la guerre, notre maison n'aurait pas été détruite et nous aurions pu continuer à y vivre, avec tous les objets qui y auraient été entassés et qui constitueraient des souvenirs "palpables" ... Au lieu de cela, je n'ai rien, que les souvenirs bien enfouis au fond de ma mémoire... Pour ma vie de femme, je n'aurais sans doute pas connu mon mari et j'aurais créé une famille qui ne serait pas celle que j'ai ! Oh ! là là, je sens que je vais trop loin , ça devient compliqué ! Non, rien n'aurait été pareil....Encore que...On dit toujours que "tout est écrit". J'en prends acte .

                                           Et pour nous tous, humains de tous pays ? Quel aurait été le cours des choses ? Les progrès seraient-ils arrivés si vite ? Les guerres précipitent souvent un peu le mouvement... Si, si, si...on en ferait des choses avec des "si" !

                                            Ce qui est certain, c'est que ma jeunesse, de même que celle de mes contemporains, aurait été plus heureuse, moins bousculée, plus normale ! La nôtre ne l'a pas été...Et si je ris souvent, comme tous les gens de cette époque, des inconvénients d'une telle situation, c'est une réaction toute naturelle, simple pudeur. A quoi bon se plaindre, ça n'aurait rien changé et nous aurions eu beaucoup plus de mal à supporter cette vie contre nature. Simple réflexe...de conservation ! Quand il faut vivre malgré tout, faisons le le mieux possible...Je vais citer mon mari, très malade pendant les dernières années de sa vie et qui ne se plaignait jamais. Ses médecins, infirmières et autres aides le trouvaient extraordinaire. Un jour que je lui disais qu'en ne se plaignant jamais comme il faisait, il m'aidait à le soigner, il m'a répondu "Me plaindre ne m'apporterait rien, je ne serais pas en meilleure santé et toi, tu serais plus fatiguée"....Comme notre rire pendant la guerre, c'était la sagesse.

                                            Quel dimanche de réflexions !

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  •                                       Il y a cinq ans....

                                          A 7 h.30, quand le téléphone a sonné, nous avons compris. C'était fini ... Les bonnes nouvelles ne s'annoncent jamais le matin de bonne heure. Tu avais été le premier arrivé en 1947, et tu étais le premier parti. Depuis quelques jours, nous savions que c'était inéluctable, mais veut-on y croire ? oh non ! Moi, j'entends toujours ta voix me disant quelques jours auparavant  au téléphone :"Vous dînez ? occupes-toi bien de mon petit Papa, je te rappellerai demain".. Il n'y a pas eu de demain, tu ne t'es presque plus réveillé. Ton "petit papa" comme tu disais, malade depuis tant d'années, a trouvé que ce n'était pas juste, que ce n'était pas à toi de partir....et nous tous qui ne voulions pas y croire, nous étions anéantis... Je n'ai pas besoin de cette date pour me souvenir...Un enfant, même à  56 ans, est toujours un enfant . Et après, il faut vivre...avec des souvenirs.

                                           Parmi tous mes souvenirs, il y en a un, anodin et amusant qui me revient souvent à l'esprit. Quel âge avais-tu ? 16 ans à peu près...Tu t'étais choisi un jean (ton premier achat important !) et tu m'avais demandé d'y apporter quelques retouches...C'était un Lewis...En bonne mère, j'ai fait tout ce que tu m'avais demandé, et...mieux encore ! Quand tu es rentré, je t'ai dit "Tiens, ton pantalon est prêt..Mais qu'est-ce que j'ai eu comme mal à enlever l'étiquette qui était derrière, elle avait été cousue à l'endroit et prise dans la couture ".... Seigneur ! ce "tu n'as pas fait ça ?" m'a fait comprendre que j'avais fait une énorme bêtise ! ....Je n'étais pas moderne et je ne savais pas qu'il fallait se promener avec une marque de fabrique bien en vue sur son postérieur ! Je me demande même si tu n'avais pas acheté ce pantalon uniquement pour l'étiquette ! Tu étais déçu, mais ensuite nous avons tous ri....Et je me suis bien gardée à l'avenir de "détruire" ces marques si importantes pour des jeunes !

                                           C'est un souvenir parmi bien d'autres, bons, moins bons parfois, mais que je garde bien enfouis. Ainsi va la vie....avec ses joies, ses peines.
                                           
                                         

              

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