•                       C'était en 1940...

     

                          Le jour de Noël voyait arriver mon 18ème anniversaire ! L'époque ne se prêtait pas aux grandes festivités et les soucis personnels non plus. Mes parents étaient toujours dans l'incertitude du devenir de mon frère, ses dernières nouvelles du front datant du 3 juin...Mon Parrain et ma Marraine décidèrent de m'offrir une sortie pour ce jour qui comptait pour moi. Et ils choisirent de m'emmener au Châtelet en même temps que mes petits cousin et cousines. Cadeau d'anniversaire pour l'une, cadeau de Noël pour les autres ! Nous étions tous contents et nous voici partis le coeur en fête pour aller admirer "ROSE MARIE"....J'étais déjà allée au Châtelet avec mes parents lorsque j'étais enfant, mais pour mes cousin et cousines, c'était une première !

     

                           Arrivés au Châtelet, nous étions tous bien placés, sauf mon petit cousin qui se trouvait juste derrière un pilier-porteur ! C'était un peu l'inconvénient dans ce théâtre et mon cousin étant le plus jeune avait été désigné pour supporter cette gêne ! Bon, il n'eut pas à se plaindre, il passa toute la durée du spectacle sur les genoux de ses parents et de moi !

     

                           Quel spectacle ! je m'en souviens encore...Comme les opérettes étaient magnifiques...Cela faisait rêver les petits et les grands...Costumes, musique, danses, chansons...tout vous ravissait ! Je revois ce ballet des "Totem Tom Tom" entre autres ! Mon cadeau d'anniversaire me plaisait infiniment et mes cousin/cousines n'auraient pas échangé le leur pour tout un empire ! Mon cousin, passant des genoux de l'un aux genoux de l'autre, n'en "perdait pas une bouchée" et était même tombé amoureux de Rose-Marie qui ne faisait absolument pas attention à lui ! C'était la guerre, le début de l'occupation, mais on l'oubliait un peu...La féérie était bien présente et les yeux de tous les spectateurs étaient émerveillés.

     

                             Je me souviendrai toujours de mes 18 ans "de guerre"...Un peu de bleu dans un ciel gris...Il y a des dates qui comptent !

    Google Bookmarks

    8 commentaires
  •                       Ou les aléas de la vie...

     

                          Et voici...partie début octobre pour un séjour d'une huitaine de jours au Pays Basque, à ASCAIN, j'ai un peu prolongé mes vacances "à mon corps défendant", et de par la volonté d'une marche malencontreuse, je me suis retrouvée à l'hôpital à TOULOUSE où un chirurgien m'a "rafistolée" avec des vis afin de me redonner si possible l'usage de ce col du fémur droit que j'avais endommagé en tombant ! Et, comme il faut ce qu'il faut, sans même rentrer chez moi (contrainte et forcée je m'étais arrêtée dans le hall de mon immeuble), mon séjour à l'hôpital a été suivi d'un séjour en clinique destiné à me remettre tout à fait sur pieds ! Et cela a duré jusqu'au 19 novembre...Pour des vacances de 8 jours, c'était un peu long.

     

                            Bien entendu, j'avais été secourue par les pompiers...qui n'avaient pu que me transporter à l'hôpital avec beaucoup de ménagements ! C'est qu'une personne de mon âge, ça se manipule doucement...(il semble que j'étais la seule à ne pas savoir ça !)...

     

                            Que vous raconter sur ce long séjour en milieu hospitalier ? Que j'ai pu constater "la grande misère des hopitaux et des cliniques"...Malgré toute la bonne volonté du personnel soignant et autres, on sent qu'il y a eu des coupes sombres...et que tout s'en ressent. Je n'insiste pas, tout le monde le sait...J'ai été bien opérée...et je devrais m'en contenter...Mais, je pense...et c'est ça qui m'ennuie ! j'ai pu constater tant de manquements en personnel et matériel...et surtout, tant de gaspillage en nourriture, produits divers...Je ne me demande plus pourquoi la Sécurité sociale est en déficit ! En résumé, je pense qu'il faut avoir une bonne santé pour être hospitalisée...

     

                              Vous voyez que tout va bien puisque j'ergote encore et que je rouspète comme jadis...Après un petit reliquat d'hôpital Samedi dernier suite à une douleur qui faisait penser que, peut-être, mes vis avaient des vélléités d'évasion, me revoici trainant (et traînée par) mon déambulateur ! Mais rien de grave, j'avais simplement voulu aller trop vite et me tenir tout bêtement sur mes deux jambes, celles que j'utilise depuis si longtemps....

     

                               Et avec tout ça, je ne vous ai pas parlé de mes vraies vacances, celles passées à ASCAIN. Epatantes...J'étais si contente d'avoir entrepris cette "expédition" à mon âge ! J'ai emprunté le "petit train de la Rhune" et ai pu monter jusqu'au sommet de cette petite montagne d'où je découvrais l'Océan, St Jean de Luz, Biarritz et de l'autre côté, les Pyrénées et l'Espagne. Quelle vue splendide ! Et le beau temps nous accompagnait...Le ciel était d'un beau bleu...Ah oui, j'étais fière de mes exploits...trop peut-être ! Mais bon, j'espère que d'ici peu ma mémoire n'aura conservé que ce que j'ai pu admirer pendant cette semaine de vraies vacances...Mes photos sont encore dans mon appareil et attendent de venir enrichir "mes images" sur mon ordinateur...Chaque chose en son temps...

     

                                Je sais que ma fille avait donné de mes nouvelles sur ce blog et elle me tenait scrupuleusement au courant de vos commentaires. Merci à tous. J'ai été très touchée.

     

                                Petit à petit, je reprends possession de cet ordinateur et j'espère bien continuer encore un temps...

     

                                 A bientôt donc...

     

     

     

     

     

     

    Google Bookmarks

    22 commentaires
  •                      Un souvenir d'enfance...

     

                          Quand j'étais enfant, j'aimais quand arrivait le samedi...Non pas parce qu'il marquait la fin de la semaine, mais...c'était le jour de marché à JUVISY où j'habitais alors ! Mon frère et moi allions à l'école comme les autres jours, mais nous savions que notre mère, qui n'aurait manqué le marché sous aucun prétexte, nous rapporterait des "petites gâteries" ! par exemple, de chez le pâtissier, une part de flan ! elle n'en prenait pas pour elle car, disait-elle, elle n'aimait pas beaucoup ça...Mais nous n'étions pas dupes, elle n'aimait pas ce qu'elle jugeait trop cher pour elle....Elle acceptait parfois que nous lui en donnions un petit morceau "pour y goûter" ! Ah, ces mamans !

     

                           Et elle nous rapportait du marché des bouts de craie...pour nous permettre de faire une marelle dans le couloir...marelle qu'elle effaçait après notre départ à l'école, en passant la serpillière (à 4 pattes) ! Elle ne voulait pas que nous allions jouer dans la rue...et elle préférait avoir du travail en supplément...Le ménage, c'était "son truc"...Je ne l'ai jamais entendue se plaindre et pourtant, elle devait être bien fatiguée le soir ! Mais nous étions heureux et c'était cela qui comptait.

     

                            Et le plus important de cette fin de semaine, c'était le pôt-au-feu. Elle rapportait la viande du marché, les légumes provenant de notre jardin. Le tout cuisait "sur le coin de la cuisinière" et ça sentait tellement bon quand nous rentrions de l'école, que je crois encore en sentir l'odeur ! Lorsqu'arrivait l'heure du dîner, un autre bonheur nous attendait : la viande hachée dans le bouillon !..Là, un vrai rite commençait : la viande hachée était posée devant mon père qui faisait les parts de chacun et nous servait en arrosant chaque part de bouillon ! Mais ce n'était pas tout ! la cérémonie continuait puisque très souvent ma mère avait fait cuire avec le tout un os à moëlle ! celle-ci nous était réservée et mon père (ça aussi c'était dans ses attributions) faisait à chacun des enfants une petite tartine de cette moëlle ! C'était pour nous bien meilleur que toute la cuisine des grands chefs étoilés, cuisine que nous ne connaissions pas d'ailleurs ! Ce bonheur du samedi se répétait de semaine en semaine et nous l'attendions avec impatience ! Nous étions heureux...

     

                             Cette vie simple était faite de petits bonheurs. C'était notre vie d'enfants, et celle de nos parents...Etait-ce facile pour eux ? Pas toujours, mais ils avaient la satisfaction du devoir accompli...ce qui ne les empêchait pas d'être très fatigués...sans le dire !

     

                              C'était mon enfance, il y a tellement d'années ...

    Google Bookmarks

    18 commentaires
  •                       L'aurions-nous oublié ?

     

                          Les journalistes, toujours prêts à nous rappeler une date anniversaire, ont "oublié" celle-ci : 3 septembre 1939...Et pourtant, elle a compté cette date, puisque c'était le début de cette période que nous avons dû subir pendant environ 6 ans !

     

                           Pas un mot...Ah, c'est vrai, une autre guerre est dans tous les esprits, celle de Syrie...Justement, souvenons-nous...en 1939, nous n'étions pas prêts. Le sommes-nous maintenant ? Pouvons-nous intervenir sans risques ? Ce n'est pas mon propos en ce jour. Je suis simplement déçue qu'on semble avoir oublié...Mais non, on sait bien qu'il y a eu la guerre avec toutes ses misères et ses horreurs...dont ORADOUR SUR GLANE...Français et allemands vont aller se recueillir dans cette ville martyre, conséquence de cette guerre déclarée le 3 septembre 1939. Combien de morts, de déportés, de familles touchées dans leurs biens ou leurs proches ? Une guerre est une guerre...jamais bien propre malheureusement et jamais sans risques.

     

                             C'était simplement une petite "piqûre de rappel" pour qu'on n'oublie jamais !

     

     

     

     

     

    Google Bookmarks

    8 commentaires
  •                       Encore un peu "de guerre"...

     

                          Août 1946...Sans bien réfléchir à toutes les difficultés qu'il y avait encore, certains couples se mariaient "pour le meilleur et pour le pire" ! C'est ce que nous avons fait, mon mari et moi ! Les difficultés étaient nombreuses : manque d'appartements, manque de vaisselle, d'objets mobiliers divers, de linge, enfin de toutes choses nécessaires à la vie courante ! Et, quand on se marie, on invite de la famille, des amis aux festivités et au repas ! Quand toutes les denrées sont encore "avec tickets"...il y a de gros problèmes en vue ! Mais bon ! on ne s'arrêtait pas à ça...Et, comme pas mal de jeunes, nous comptions sur nos parents et sur les amis. Ils n'étaient pas encore amoureux (ou l'étaient depuis longtemps déjà) et avaient "la tête sur les épaules"...Ils réfléchissaient eux !

     

                           Combien de jeunes, ne pouvant avoir un appartement, se contentaient d'une pièce mise à leur disposition par leurs parents...avant cette chasse à l'appartement qui pouvait durer des années ! Pour "monter son ménage" il fallait aussi aller à la chasse aux trésors ! Je me souviens de ma mère arrivant chez nous et nous disant :"aujourd'hui, j'ai pu vous avoir deux assiettes, ou deux plats, ou deux casseroles..." Pas question d'obtenir des services entiers...Notre monde était un peu dépareillé ! Même chose pour le linge...on trouvait les pièces une par une et en plus, il fallait des points de textile qui nous étaient donnés au compte-gouttes...

     

                            Mais, reparlons du mariage et de la cérémonie ! Bien sûr, nous voulions être beaux ! Pas tellemeut question de robe longue pour la mariée, mais bien plutôt d'un petit tailleur blanc qui "pouvait resservir" ! Les points de textile utilisés alors...l'étaient pour une fois ! ensuite, plus rien !C'était moins compliqué pour le jeune marié qui achetait un costume et le remettait plus facilement par la suite ! Et la réception des invités, quel casse-tête ! Tout nous était encore calculé et les cartes d'alimentation n'étant pas extensibles, il était difficile de nourrir une vingtaine de personnes avec les tickets qu'elles contenaient. Je me souviens que mes parents avaient retenu un repas dans un restaurant...mais il a bien fallu passer par le marché noir pour un tas d'ingrédients...et la viande !Quelle époque !

     

                            Le grand jour arrivé, peu ou pas de voitures pour conduire les mariés à la mairie et à l'église...Nous avions eu la chance qu'un ami de mes parents, entrepreneurs de travaux publics, ait droit à une voiture et surtout à des bons d'essence !

     

                            Malgré tous ces soucis supportés pour la plupart par les parents et les amis (la jeunesse est parfois inconsciente)  nous étions unis très normalement...Pas de restrictions alors...Maire et Curé se relayaient comme par le passé...

     

                            Nous étions jeunes alors et cela règlait tous les problèmes. C'était ça un mariage de guerre ....  

    Google Bookmarks

    14 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique