•                                        Quand l'Abbaye de BOSCODON me ramène à mon enfance -

                                           Magnifique promenade au mois de Juillet alors que j'étais en vacances dans les Hautes-Alpes. En route pour l'abbaye de BOSCODON..J'admire d'abord le paysage...que c'est beau ! Lac de SERRE-PONCON ...merveilleux ! Bon, je sais, je m'émerveille encore et j'en suis très heureuse, je ne suis pas blasée ! Et nous voici à BOSCODON (commune de CROTS je crois..) - L'abbaye date du XIIème siècle.

                                           Tout est en travaux, mais nous pouvons quand même voir quelques salles dont une, oh surprise, me rappelle...l'atelier de mon grand-père lorrain, ébéniste et même un peu artiste...Que d'outils exposés et pour moi autant de souvenirs que d'outils ! Lorsque j'ai vu tous ces rabots, varlopes, bouvets, ciseaux à sculpter, gouges etc...Je me revoyais dans l'atelier de grand-père, admirant le travail qu'il faisait en sculptant le bois...et l'admirant lui aussi ! Il était heureux et caressait le bois d'un revers de main...C'était l'amour du métier....Et j'ai cru sentir dans cette pièce (non, j'ai vraiment senti) cette odeur de colle à bois qui est toujours présente dans ma mémoire ! Et toutes ces planches de chêne et autres bois dont certains précieux, je les revois comme si je venais de les quitter. Il avait un beau métier grand-père ! il restaurait aussi des meubles anciens, peut-être même avec plus d'amour que lorsqu'il fabriquait des meubles nouveaux....Sentimental ? oui, certainement....Je me souviens qu'il m'avait fait ma première chambre à coucher lorsque j'avais environ 12 ans. Et il me l'a expédiée de Lorraine à JUVISY en banlieue parisienne...Il ne reculait devant aucun obstacle ! Et moi, j'étais si heureuse de faire admirer cette jolie chambre à mes amies...Hélas, elle est restée au milieu des ruines de notre maison avec d'autres meubles...Triste fin !

                                              L'amour de son métier, l'amour du travail bien fait...De quoi être satisfait de sa vie non ?

                                              Travail manuel ? oh ! que non, pas seulement ! Il en faisait des calculs, des dessins avec son compas...avant d'exécuter "son oeuvre".  Le travail manuel peut être aussi gratifiant que le travail intellectuel. Il suffit d'y mettre tout son coeur !  Maintenant, tout est industrialisé et évidemment, le prix des objets n'est pas le même. Ce qu'on a gagné en "prix de revient", ne l'a-t-on pas un peu perdu "en âme" ? Le bois chantait à l'oreille de mon grand-père et il lui semblait doux au toucher...Il le maniait presque "tendrement".

                                                Tout ça, c'est du passé, remonté du fond de ma mémoire lors de cette visite à l'abbaye de BOSCODON. Allez la voir si vous passez par là, vous y trouverez aussi des souvenirs ! Souvenirs aussi d'autres métiers...les métiers anciens...
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  •                                       Quels beaux souvenirs !

                                           Ce matin, comme il faut bien que tout se fasse, j'ai sorti mon fer à repasser ! Ce n'est pas que je n'aime pas, mais....Pour me donner du courage en musique, j'ai passé un DVD contenant une compilation d'opérettes d'avant-guerre....Rose-Marie, Nono-Nanette, L'Auberge du Cheval Blanc etc...et tellement d'autres. Tous les airs m'étaient connus et beaucoup me rappelaient mon père qui, comme beaucoup de monde à cette époque, chantait pour son plaisir en faisant sa toilette, en bricolant...Toutes les occasions lui étaient bonnes; il adorait la musique et surtout l'opéra et l'opérette !

                                             Donc me voici transportée début des années 1930 et il me revient à l'esprit un magnifique souvenir : ma première opérette au CHATELET...et surtout ma première visite dans un théâtre ! A l'arrivée déjà, j'étais émue et tremblante...Les dorures, les tapis rouges, l'ambiance...Je me prenais au moins pour une princesse ! Et nous entrons dans la salle de spectacle ! Seigneur ! c'était à vous couper le souffle...Je n'avais jamais rien vu d'aussi beau ! Dans la fosse d'orchestre, les musiciens accordaient leurs instruments et tout avait déjà un "petit air de fête". Ce que nous devions voir ? SIDONIE PANACHE ! avec BACH et FLORELLE je crois, et bien d'autres. Le lever de rideau arrive enfin et là....quel spectacle ! Pour moi, c'était l'émerveillement : les costumes, les décors, tout me semblait tellement beau...L'histoire se passait au moment de la conquête de l'Algérie je crois...Il y avait sur scène des spahis, des chevaux, de simples soldats, des officiers, des cantinières....Et ce comique troupier BACH...C'était gai, c'était drôle, c'était joli ! De la musique bien sûr, des chansons.... Inoubliable ! C'est bien loin tout ça et je ne peux pas tout raconter, mais quand on est enfant, on veut toujours croire au merveilleux, et ça l'était !

                                               Par la suite, encore très jeune, nous avons vu une autre opérette, toujours au Chatelet, peut-être Rose-Marie ? Je ne m'en souviens plus très bien. Je me souviens qu'il y avait une chanteuse-comédienne célèbre alors, Loulou HEGOBURU. Je la revois, toute mignonne...C'était aussi un beau spectacle, mais je me souviens surtout du premier ! L'attrait de la nouveauté...ensuite on est blasé !!!

                                                J'ai revu plus tard , à l'âge adulte, d'autres opérettes au Châtelet, à Mogador....toujours avec le même plaisir, mais peut-être plus le même émerveillement....Il n'y a que des yeux d'enfants pour ça !
                                       
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  •                                       Cet électroménager tant convoité !

                                           Avant la guerre....ça semble bien loin déjà, mais à bien réfléchir, ce n'est pas si vieux puisque j'ai connu cette période. Bon, je n'insiste pas...Je revois ma mère balayant, époussetant, lavant, repassant,  allant chercher de l'eau à la fontaine...Nous avions bien une pompe dans le jardin, mais l'eau n'était pas potable. Elle servait pour la lessive, l'arrosage du jardin... Travaux manuels auxquels la femme était confrontée tous les jours... Il n'existait aucun appareil électroménager dans les familles, sauf pour quelques privilégiées...aspirateurs, réfrigérateurs ayant déjà fait une timide apparition, mais à quels prix ! Pendant la guerre, n'en parlons pas...on manquait déjà de tant de choses indispensables qu'il était inutile d'espérer s'offrir le superflu (au moins ce qui était considéré comme tel alors). C'était simple, on n'en fabriquait pas !

                                             Et voilà, la fin de la guerre arrivant, les rêves ont commencé à pointer le bout de leur nez ! Il a fallu attendre tout de même quelques années...mais ça venait petit à petit. Les industries ont redémarré accompagnées par "les réclames"ancêtres de la publicité ! Ouah ! Si beaucoup avaient des envies, peu pouvaient les contenter ! il fallait attendre...mettre de l'argent "de côté" et espérer.....On avait bien fait ça pendant cinq ans....Pour nous aider et accompagner nos rêves, les foires ont repris : Foire de Paris, Salon de l'Enfance....Quels souvenirs ! Quels arguments de vente ! Difficile de résister...

                                               Je faisais un rêve...avoir un aspirateur ! Et puis, un représentant d'une marque très connue s'est présenté chez nous et m'a fait une "démonstration"...J'étais convaincue, encore fallait-il pouvoir se l'offrir ! C'était ça le plus difficile...Les sous, toujours les sous....Oui mais, j'étais déjà maman et j'avais bien du travail ! et faire le ménage avec cet objet me semblait indispensable! Et tellement hygiénique...J'avais bien retenu la leçon du démonstrateur et la resservait à mon mari....En plus des conditions de paiement absolument extraordinaires (!!!) que le fournisseur pouvait nous faire ! Et voilà comment j'ai eu mon tout premier aspirateur....et mes premières dettes ! Mais j'étais si heureuse ...Et il m'a vraiment rendu service cet objet de tous mes désirs de l'époque (parce que j'en ai eu d'autres !). Mes voisines ont défilé chez moi pour l'admirer (la visite était gratuite !). Cet aspirateur, il a fait "le tour de la famille" ! lorsque nous en avons changé, nous l'avons passé à un autre membre de la famille, qui l'a transmis à un autre...et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ne puisse plus ramasser le moindre petit bout de fil ! Mais il avait eu une longue vie, peut-être même un peu plus longue que les appareils de l'époque actuelle !

                                                  Pour moi, c'est un merveilleux souvenir qui explique peut-être mon "amour immodéré" des aspirateurs ! J'en ai eus, pas mal....On m'a toujours un peu taquinée sur cet amour, surtout mes enfants ! Il y a quelques années, un de mes fils m'a téléphoné et m'a dit : "Maman, il y a un nouvel aspirateur, celui-là, tu ne l'as pas encore !!!" . Qu'est-ce que ça voulait dire ?. ...Les enfants sont un peu moqueurs parfois !

                                                  Il n'y a pas eu que les aspirateurs sur terre en fait de progrès ! Fers à repasser électriques, machines à laver le linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs...Là aussi, que de souvenirs du premier...Il a été dorlotté...et nous a rendu tellement de services...tout comme les autres appareils ! Je suis pour le progrès, j'en profite au maximum et je trouve formidable que tout se soit tellement démocratisé et soit devenu accessible à la plupart des gens. Mais, qu'on me permette de garder un souvenir attendri de ce premier aspirateur et...de ses successeurs....car il y en a eu ! Quand on aime, on ne compte pas !
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  •                                       Ces objets tant convoités !

                                           Ce matin, en rangeant mon auto-cuiseur, je me suis souvenue de ses prédécesseurs et surtout du premier que j'avais fièrement rapporté à la maison !

                                           C'était vers la fin des années 1950, nous habitions à PARIS, pas très loin de la Place de la République où se trouvait un magasin que j'appréciais et qui malheureusement n'existe plus : LES MAGASINS REUNIS ! Ce que j'ai pu lui rendre comme visites à celui-là...On y trouvait un peu de tout, de tout un peu ! Vêtements, chaussures, parfumerie, bricolage, vaisselle etc...etc... Pas vraiment besoin d'acheter, j'y allais par distraction ! On se distrait comme on peut !

                                            Me voici donc partie un Samedi après-midi, laissant les enfants sous la haute surveillance de leur père...Ouf, un peu seule, c'est parfois bon. Mon but pour cette fois était l'achat d'une paire de chaussures (un besoin plus qu'une envie). Je traîne donc un peu dans tous les rayons,"histoire de voir"...Et je tombe sur un petit groupe de personnes qui écoutaient et admiraient un démonstrateur-bonimenteur ! Evidemment, la curiosité me poussant, je m'approche..Ce brave homme vantait les mérites d'un objet dont j'avais déjà entendu parler et qui me faisait un peu (beaucoup )envie, parmi tant d'autres il faut bien le reconnaître ! Un autocuiseur...Je regarde, j'apprécie, je suppute...mais je n'étais pas venue pour ça ! Je retourne vers les chaussures...Ma tête fourmillait de chiffres et ce n'était pas très joyeux ! Voyons, les chaussures, j'en avais besoin, ça c'était certain ! l'autocuiseur me rendrait des grands services, ce n'était pas moins certain...autre certitude : mes finances ne me permettaient pas d'acheter les deux ! quel dilemme ! Après plusieurs navettes entre rayon chaussures et...démonstrateur, ma décision était prise: j'aurais un autocuiseur...Ah mais ! je suis donc repartie avec cet objet tant convoité et très utile il faut quand même bien l'admettre .... Lorsque je suis arrivée à la maison, mon mari semblait étonné de la grandeur de...ma boîte à chaussures ! Et ensuite, ce n'était plus de l'étonnement, mais une profonde tristesse car il a eu des doutes sur mes facultés mentales surtout lorsque je lui ai dit que ça "remplaçait les chaussures"...moi je me comprenais, je voulais expliquer "dans les dépenses".....On s'est quand même expliqués, mais....

                                             Et voilà, à cette époque, il fallait faire des choix....La guerre était encore très proche et c'était ce qu'on avait fait pendant toute la guerre....Prendre un bain ou faire le pot-au-feu pour faire des économies de gaz....Là c'était chaussures ou autocuiseur pour faire des économies de gaz également ! pas beaucoup de différence ! Ah si, nous étions libres ! Mais faire des économies, ça n'avait pas changé ! Et maintenant ?

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