•                                       D'un siècle à l'autre....

                                          Depuis hier, 2009 pointe le bout de son nez !  Lorsque j'étais jeune, mon père me disait "je ne verrai pas l'an 2000...toi peut-être..." Mais c'était vraiment un "peut-être" ! Et voilà, non seulement j'ai vu arriver l'an 2000,mais j'en suis à 2009 !¨Pour la suite, on verra ! la décision ne vient pas de moi ... Alors je pense à toutes ces années passées, à toutes les joies, toutes les peines, tous les bonheurs, tous les malheurs ! ça fait un drôle d'amalgame mais, comme dans la si jolie chanson d'Edith Piaf "Non, je ne regrette rien"...S'il faut de tout pour faire un monde, il faut de tout pour faire une vie.

                                           Je revois ma petite enfance, d'abord à PARIS, mais là mes souvenirs sont flous, j'étais encore trop jeune, et ensuite à JUVISY et sa commune limitrophe ATHIS-MONS. C'était de 1927 à 1944 dans un premier temps. Souvenirs de jeux, d'insouciance , d'études aussi. Souvenirs de ce frère trop tôt parti et qui m'a tant manqué. Et souvenirs de jeune femme, de jeune mère de trois enfants de 1949 à 1956...Mais entre temps, souvenirs de cette période de guerre, du désastre de 1940, de l'occupation, et surtout souvenirs si tristes de la disparition de mon frère et de ce bombardement dont je parle si souvent...Plus rien, plus de frère, plus de maison, un père absent...Plus que deux femmes seules...Quelle jeunesse !

                                            Et puis la joie de la fin de la guerre et l'arrivée de tous ces progrès qu'on n'aurait même pas évoqués avant la guerre. Les voitures, les réfrigérateurs, la télévision, les appareils ménagers de toutes sortes rendant la vie des femmes plus agréable ! Tout ça est dans le désordre dans mon esprit, mais chaque jour ou presque amenait un progrès ! Et les avancées sociales si importantes ! Ah! oui, nous avons vécu alors une période
    inimaginable quelques années auparavant ....Tout en regrettant parfois ce qui avait été "avant guerre", force est de constater que les progrès ont du bon...Nous n'étions pas malheureux jadis, nous vivions avec ce que nous avions, sans penser à autre chose...Mais s'il fallait maintenant revenir en arrière...aïe, aïe, aïe... Qui se revoit faisant la lessive à la main, lavant les couches, frottant le parquet, etc...Pas moi toujours ! j'apprécie le progrès et les progrès ! 

                                             J'ai connu les anciens francs, les nouveaux francs, l'euro....Je n'ai pas l'esprit tourné vers les chiffres et là, si progrès il y a, ils ne m'ont pas réjouie...Mais il faut bien se faire à tout, pas moyen d'y échapper ! Ce qui ne m'empêche pas parfois de calculer combien ça ferait en...anciens francs d'avant 1960 ! là, je rétrograde !

                                              Que de changements entre ces deux siècles...Des disparitions d'êtres chers ont apporté la tristesse. Des arrivées de petits-enfants, d'arrière-petits-enfants, ont apporté la joie...Ce qui a été, ce qui sera, le bilan est à faire, mais je le crois positif en ce qui me concerne. J'ai eu une vie bien remplie avec une famille unie et ça c'est important. Hormis la guerre, je souhaite à tous une longue vie à l'image de la mienne ! Bien sûr, il y a sûrement mieux, mais il y a pire...Soyez optimistes !
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  •                                       La période des fêtes...

                                          Dans mon enfance, c'était la période attendue avec impatience ! Noël, puis vacances scolaires pendant lesquelles on jouait avec tous ces nouveaux trésors qu'on avait eus... C'était une période de calme pour les parents, les enfants restant, en principe, très sages...Ils avaient bien d'autres occupations que celles consistant à se disputer ou faire des bêtises ! Puis le 1er janvier arrivant, on préparait en cachette un cadeau pour les parents et le traditionnel "compliment" à faire le matin du nouvel an en promettant surtout d'être très sage et de bien travailler à l'école. On croyait alors fermement qu'on tiendrait ses promesses et tout le monde était content ! En retour, nous recevions chacun des crottes de chocolat. Et en route pour aller souhaiter la bonne année à la famille à Paris, chez mon grand-père ... Embrassades, re-promesses et re-chocolats, ces derniers étant mes préférés ! Déjeuner de fête au cours duquel il fallait bien se tenir, rester à table, manger de tout.... Heureusement le 1er janvier ne dure qu'une journée !

     

                                           Et puis, il y a eu la guerre...Noël 1939 nous a vus réunis mes parents, mon frère et moi pour la dernière fois...Nous ne le savions pas, mais... Mon père et mon frère, permissionnaires, parlaient de cette drôle de guerre comme on l'appelait alors, et de ses incertitudes. Où allions-nous ? nul n'aurait pu le dire et la joie n'était pas au rendez-vous. Et les Noëls qui ont suivi étaient bien pire... Ma mère et moi étions seules dans une maison si triste. Que de familles étaient dans l'angoisse, dans l'attente de nouvelles, une partie de la famille étant au loin. Ce qu'on aurait aimé alors retourner quelques années en arrière et redevenir des enfants, même avec les visites et les embrassades obligatoires ! C'était le passé...

     

                                            Et maintenant ? On fête beaucoup Noël, les familles se réunissent et je trouve ça merveilleux. C'est une grande fête familiale tellement chaleureuse et agréable. Après l'excitation des préparatifs de ce grand moment, il semble que les préparatifs pour le passage du dernier jour de l'année à celui du premier jour de l'An neuf, se fassent plus dans le calme et la sérénité...Cela se passe souvent entre amis, et pourquoi pas au restaurant quand c'est possible. Beaucoup moins chaleureux que Noël, le 1er janvier est plus fait pour "s"amuser" et "enterrer" l'année qui vient de s'écouler ! Je me trompe peut-être. C'est ce que je ressens et ce qui fait que j'apprécie beaucoup plus le 25 décembre que le 1er janvier ! Mais les enfants eux, ont toujours cette semaine intercalaire qu'ils aiment et dont ils jouissent avec plaisir pour utiliser les jouets et autres cadeaux nouveaux ...

                                            Tout est bien en place comme jadis.... J'aime cette période qui me rappelle tant de choses : mon enfance, celle de mes enfants, de mes petits-enfants ... des Noëls en Provence avec tous ! C'est quand même beau des souvenirs ! Et ça aide à vivre...

                                           

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  •                                       "Valse Triste" de Sibélius...

                                          J'allais éteindre ma télévision hier soir quand, en "zappant" suivant une habitude consacrée (!), je suis tombée sur un orchestre jouant "La Valse Triste" de Sibélius...J'adore la musique, le violon en particulier, et ce morceau...J'ai donc écouté religieusement et me voilà partie dans mes souvenirs...il m'en faut si peu ! Et j'ai pensé à cette époque lointaine de mon enfance, à ces études de violon qui n'ont duré que trois ans et surtout à cette femme que j'avais eu la chance d'avoir comme professeur....Elle était sortie avec un premier prix du Conservatoire de PARIS et elle était formidable...mais je crois que j'étais trop jeune et je ne savais pas bien l'apprécier. Dans tous ses élèves, elle voyait des futurs prix de Conservatoire, c'était son but, pas toujours celui des intéressés ! J'avais commencé à six ans et elle avait dit à mes parents que c'était déjà tard ! Bon...moyennant quoi, le violon devait être l'objet d'un travail acharné, de même que le solfège ! Sa soeur étant professeur de piano, ces deux femmes réunissaient le Jeudi matin tous leurs élèves et en avant pour les dictées musicales et le solfège ! Et bien sûr, entre temps, cours particulier de violon, études à faire à la maison et à la clef, quand tout ça n'était pas parfait, études à faire chez elle, sous surveillance ! Je n'avais plus de temps libre !!!! C'était peut-être un peu exagéré, et surtout lassant ! Alors que j'adorais la musique, j'ai donc arrêté....Mais maintenant, je comprends tout en étant très heureuse de voir que les enfants sont moins rebutés que de mon temps par le solfège...J'aimais bien, mais c'est un peu rébarbatif. Je n'étais pas assez courageuse ! On n'enseigne plus la musique de la même façon et c'est très bien ainsi.

                                            Mais ce professeur, je l'admirais et l'ai toujours admirée. Un peu plus tard, pendant la guerre, j'ai assisté de nombreuses fois à des concerts qu'elle donnait notamment au profit des prisonniers. Dieu, que c'était beau ! Elle jouait divinement bien et je crois entendre encore les pleurs de son violon. Le silence dans les salles où elle jouait était religieux et des larmes coulaient ! Comment pouvait -elle transmettre tant d'émotion alors qu'elle semblait si dure (et l'était) ? Avec un violon, c'était une autre femme, tellement attachante...Pouvoir de la musique mais aussi sûrement de tout ce qu'elle avait en elle et que peut-être elle ne savait pas exprimer autrement ? Elle était revêche tant avec ses élèves qu'avec leurs parents. Elle avait eu des malheurs et semblait en vouloir à la terre entière. Le violon effaçait tout ça... Son violon et elle ont cessé de vivre lors du bombardement de JUVISY en avril 1944, comme toute sa famille d'ailleurs. Je l'ai regrettée, beaucoup, et j'y pense souvent. Et j'ai continué d'aimer la musique et le violon. Ces trois années de travail intensif m'ont laissé des traces et je ne le regrette plus maintenant ! Je regrette seulement de ne pas avoir eu le courage de continuer...mais le jeu m'appelait ! Alors actuellement je me rattrape avec les disques et autres CD que je m'offre et surtout qu'on m'offre...Mes enfants aussi aiment la musique, je peux leur faire confiance pour choisir ce qui me plaît !

                                              Certains disent que le violon est triste...Non, ça peut être très gai et ça aiguise les sentiments. Vive la musique !

     

     

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                                        Juste avant la guerre.....

                                        Année scolaire 1938-1939, c'en était terminé de mon école de banlieue. Ouf ! à moi la liberté...enfin presque! Inscrite à la faculté de droit, je devais donc aller tous les jours à PARIS et c'est vrai que je me sentais libre, ce qui à l'époque était une sensation tout à fait nouvelle pour une fille ! on ne nous lâchait pas comme ça dans la nature... Je devais donc prendre le train, pas tout à fait seule puisque mon frère allait au Lycée à PARIS également. Mais voilà, moi j'avais un très gros défaut...je partais toujours en courant parce que j'étais toujours en retard...ce qui faisait dire à mon frère "toi tu ne prends jamais le train que tu voulais prendre, tu prends celui d'après" (curieusement, j'ai entendu pratiquement la même phrase dite par mon mari quelques années plus tard...). Passons...

                                        Donc, en cet hiver 1938/1939, munie de ma carte d'abonnement SNCF, je me dirige vers la gare en courant comme à mon habitude. Il avait neigé...Pour atteindre les quais de la gare, il fallait emprunter un souterrain et descendre quelques marches. Rien de bien spécial..Mais, taquinerie ou amour du travail bien fait, les contrôleurs exigeaient de voir cette carte d'abonnement à l'année. Nous étions connus, mais le règlement, c'est le règlement ! Il me fallait donc ouvrir mon sac, tout en courant pour ne pas rater le train...de quoi stresser même une personne calme ! et en plus, mon frère qui s'énervait car pour lui, l'heure, c'était l'heure ! Ce jour-là, il neigeait donc ;chaussée et marches glissantes ! Et je vois que le contrôleur de service était le plus exigeant. Rien à faire avec lui, il voulait voir la carte coûte que coûte le sourire d'une fille de 16 ans ne lui suffisant pas ! Je "fourrage" donc dans mon sac alors que j'arrivais sur la première marche de l'escalier et...pan, je glisse...j'avais la carte à la main et j'arrive devant mon employé-tortionnaire...mais sur les genoux ! Quelle honte ! je me sentais couleur cerise...mon frère riait (aucune pitié), et j'entends cette phrase qui m'a achevée "C'était pas la peine, je n'en demandais pas tant" ! J'ai vraiment eu envie ce jour-là de tuer le contrôleur pour ses exigences et surtout sa moquerie ! Il ne s'est jamais rendu compte certainement qu'il était passé bien près de la mort ! Je n'avais pas le temps heureusement car mon train arrivait en gare, et j'avais mal un peu partout, aux genoux et...à l'âme !

                                         Pourquoi cette histoire m'est toujours restée en mémoire ? J'avais eu là la vexation de ma vie...J'ose croire que ce contrôleur SNCF ne s'est pas vanté que les jeunes le respectaient tellement que certaine s'était mise à genoux devant lui ! ça serait un comble !

                                         Nous avons bien ri ensuite...nous étions jeunes et insouciants alors, plus pour longtemps...mais ça, nous ne le savions pas encore !

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  •                                       Les décorations de Noël...

                                          Ce matin au réveil j'avais décidé que pendant ce week-end, je décorerais mon appartement....Je ne serai pas chez moi à Noël, mais une maison non décorée en cette période est trop triste.. Alors que dehors rues, magasins, boutiques, tout s'illumine, pourquoi pas chez moi ? Il y a bien des années, mon mari se réservait ce travail et rendait la maison accueillante pour nous et tous ceux qui arrivaient pour les fêtes...et ça faisait du monde ! Une grande crèche provençale occupait un angle du séjour, puis un grand sapin avec guirlandes électriques, le tout pour la plus grande joie des petits-enfants...et aussi des plus grands. Puis quelques années plus tard, la maladie s'étant installée, il a continué d'installer la crèche au prix de gros efforts...Et maintenant, j'ai repris le flambeau et je fais toujours une crèche, plus petite, et je décore...tout ce qui me tombe sous la main, y compris les plantes vertes à défaut de sapin ! Mais l'illusion est là.... Donc voilà : "chronique d'un week-end annoncé ", décoration ! Il y a des occupations plus désagréables que ça ! l'inconvénient, c'est qu'avec moi, ça dure un peu longtemps ! j'ai un souvenir attaché à chaque santon, chaque guirlande, chaque boule de couleur...ça ne fait pas avancer les opérations !

                                            Et voilà que dans la matinée, je reçois par colis une magnifique couronne de Noël accompagnée d'un petit mot m'indiquant que c'était pour me permettre de décorer ma maison ! Attention touchante et...qui m'a touchée. Merci à l'expéditrice, c'était une petite pensée charmante ma chérie. Me voici donc occupée à ressortir la boîte "décorations de Noël" et à faire le tri. Il y a beaucoup de choses et je ne peux tout mettre, faute de place...La maison était grande, l'appartement ne l'est pas plus qu'il faut ! Mon Dimanche est assuré, ça tombe bien, le temps n'étant pas extra..."Vive le vent"...c'est ce nous chantons presque tous les jours en ce moment ! 

                                             Ah ! ces décorations de Noël, je les apprécie toujours autant ! Lorsque nous habitions PARIS, nous emmenions nos enfants voir les vitrines animées des Grands Magasins...Puis une année où Noël se passait chez un de mes fils, nous avions emmené nos petits-enfants voir tout ça pour les distraire et les occuper en attendant le Père Noël, ce qui était un peu difficile ! Je revois les Grands Boulevards, les Champs Elysées, la Tour Eiffel illuminée.... Cette année là comme nous passions Noël à PARIS et qu'en revenant nous nous arrêtions dans la région lyonnaise chez notre autre fils pour passer le Jour de l'An, nous avions trouvé inutile de décorer la maison alors que notre absence durait une dizaine de jours. Chez chacun de nos fils, tout brillait de mille feux...c'était gai, familial, agréable...Au retour chez nous, nous avons trouvé la maison si triste que nous l'avons vite décorée et que mon mari a fait sa grande crèche habituelle ! Ça ne voulait plus rien dire, mais ça nous a soulagés....Non, cette période sans aucune décoration, ce n'est tout simplement pas vivable !

     

                                              Voilà pourquoi je pense que même lorsqu'on est seul, ce qui malheureusement est assez fréquent, âgé aussi, il ne faut pas se laisser aller ! Une petite guirlande dans une plante verte, ça semble ridicule ? Pas tant que ça ...c'est joli, gai et ça donne de la joie. Et puis, que ceux qui ne sont pas seuls pensent que ça peut arriver un jour ou l'autre...

                                           

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