• Eté 1941..."la débrouille" !

                        Quelques mesures urgentes....

     

                        Il fait très chaud en ce moment et les tenues légères ont fait leur apparition...Tenues qu'on achète "pour rien" ou presque en cette période de soldes...Et comme toujours, je me souviens de ces années d'occupation...

     

                        Les tickets les plus divers avaient fait leur apparition depuis fin juin 1940, dont les tickets de textiles ... ce qui voulait dire que pour s'habiller correctement il ne fallait pas être difficile et surtout avoir de l'imagination. Pour ça, les français n'en manquaient pas (surtout les françaises). La coquetterie était toujours présente. On allait montrer à l'occupant que malgré tous les interdits, on pouvait, en toute légalité, rester "sortables" ! Et l'été 1941 arrivait....

     

                        Alors, sus aux armoires, aux fonds de tiroirs, aux vêtements dans les penderies qui dormaient depuis plusieurs années quelquefois ! Ah mais !

    Tout était bon pour se faire un chemisier, une petite robe qui sortait de l'ordinaire et avait fière allure : un bout de tissu restant, une robe qui ne vous allait vraiment plus parce que plus de mode ou qu'on ne l'avait que trop portée avant la guerre, une ancienne robe de votre mère...Tout y passait...On utilisait tout ! Et on a vu des robes en tissu uni, mais avec une jolie bande fleurie dans le bas, des manches longues qui devenaient courtes...Les femmes ont lancé une nouvelle mode ! On utilisait tout, on cousait, on cousait...on inventait ! Et voilà, nous étions élégantes quand même...Les "bons de robes, de manteaux" n'étaient pas légion...Les points de textile étaient comptés...Dans l'immédiat, ce qui comptait c'était la débrouille....Ce qui avait réussi pendant l'été, a été prolongé l'hiver...Je me souviens de ma mère qui avait fait faire un manteau dans un ancien pardessus de mon frère...L'envers des tissus devenait l'endroit et c'était "comme neuf"...Même chose pour les pulls détricotés et retricotés après que la laine ait été mise en écheveaux et lavée...Il n'y en avait pas assez ? qu'à cela ne tienne, on faisait des rayures de plusieurs couleurs...C'est devenu la mode...Et ça énervait tellement l'occupant de constater que les femmes françaises continuaient à être coquettes ! rien que pour ça, on trouvait tout beau !

     

                         Tant que la coquetterie ne perd pas ses droits, le moral peut tenir ! Ce que nous avons fait... C'est peut-être ça qui nous a appris à ne rien gâcher ?

     

                       

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 28 Juillet 2010 à 10:46

    Bonjour Geneviève       J'ai plaisir toujours à lire le récit de vos souvenirs , d'autant plus que j'y retrouve des miens par la même occasion - j'étais trop jeune pour pratiquer la couture moi-même mais ma mère s'y livrait avec talent !

    2
    Mercredi 28 Juillet 2010 à 11:31

    Ma mère aimait coudre et moi, je m'y suis mise par la force des choses ! et j'ai aimé ça aussi !
    Merci d'être passée me voir !

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