• En rentrant d'exode....

                                          Le 22 juin 1940, signature de l'armistice entre la France et l'Allemagne....Je me souviens parfaitement de ce jour...J'étais à VIERZON chez des gens charmants qui avaient bien voulu nous héberger provisoirement. Il s'agissait de deux frères avec leur famille respective qui habitaient une grande maison. Non seulement ils nous logeaient, mais nous avions droit à des légumes de leur jardin. C'était très appréciable à une époque où, malheureusement certains "français" faisaient payer aux réfugiés....un simple verre d'eau. Oui, cela a existé...il est préférable de l'oublier. Par contre, ne jamais oublier qu'une grande partie de la population a été "bien"et s'est montrée dévouée. Nos logeurs, ces deux hommes, étaient des anciens combattants de la guerre de 1914-1918. Le jour où le maréchal PETAIN a demandé l'armistice, l'un d'eux est venu nous l'annoncer en pleurant de dépit, de honte et parce qu'il  avait mal à son Pays. Nous ne savions plus quoi dire ! notre pauvre France qu'on pensait invulnérable était tout bonnement à plat...et nous étions occupés ! Quel allait être notre devenir ? Et qu'adviendrait-il de tous ces soldats qui avaient été faits prisonniers pendant ces quelques semaines de guerre ? Je connais peu de gens alors qui n'aient pas été tristes même s'ils étaient soulagés de voir les combats cesser. Dure, dure période.

                                             Nous sommes donc rentrés dans nos foyers, avec quelqes difficultés...Il n'était pas facile de trouver une voiture ! et surtout de l'essence.  Je ne me souviens pas très  bien comment ma famille a fait (moi j'avais à peine 18 ans et je ne m'occupais pas de l'intendance...) Est-ce que je me laissais vivre ? C'était tout à fait provisoire alors car bientôt, les responsabilités ne manqueraient pas ! On vieillit vite parfois...

                                             J'ai retrouvé ma mère à Juvisy et cette maison trop grande pour nous deux...Je l'ai déjà dit, ma mère, Lorraine, supportait très mal l'occupation...Elle avait des souvenirs qui n'étaient pas très anciens...Mais elle était très courageuse et nous avons organisé tant bien que mal ce semblant de vie. Faire comme si....S'il y a eu (et il y en a eu c'est certain) des personnes qui se sont adaptées sans complexes à cette situation nouvelle pour des raisons qu'il est préférable de ne pas chercher à approfondir, combien d'autres se sont redressées pour faire front et montrer aux occupants qu'il fallait compter avec elles...Des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes n'ont pas voulu abdiquer.... La résistance par tous les moyens et ils étaient nombreux...Ah oui, elle a existé dès le début cette résistance. Nous crevions de faim ? nous faisions avec (en rouspétant bien sûr, nous sommes français...). Nous n'avions pas de vêtements nouveaux ? pas grave, on a rafistolé tout ce qui pouvait l'être, remis à la taille des enfants des robes ou costumes de leurs parents, tout ça avec la plus grande coquetterie ! on a lancé des modes : vêtements à deux  ou trois couleurs, pulls tricotés avec des restants de laine des années précédentes, avec forces rayures....Avec un peu d'idée, on arrivait à faire des jolies choses ! Et la mode des turbans remplaçant les chapeaux ! ça c'était génial ! très, très élégant...Chaque femme avait "son truc" pour les faire ! (moi, je les "travaillais" sur une passoire qui me servait de tête à coiffer!!!). Tout ceci énervait prodigieusement les allemands ! Je ne dirai pas que c'était l'unique but recherché...mais tout de même....

                                                Et je ne parle pas des recettes de cuisine ! là aussi, chacun avait son truc ! J'étais J3 et j'avais donc droit à 1/4 de litre de lait écrémé par jour. Tous les jours, ma mère faisait bouillir ce lait et ramassait la peau qui se formait dessus...et avec ça, elle faisait une sorte de gâteau qui était délicieux...gâteau de régime puisque sans gras, sans beaucoup de sucre (on gardait le sucre uniquement pour faire de la "pâtisserie"; pour le matin, rien ou saccharine !). Et tellement d'autres recettes....

                                                Et la Résistance à l'occupant, avec toutes ses actions qui ont d'abord ralenti le cours des opérations et ensuite permis notre libération. Tous ces hommes, ces femmes qui ont travaillé dans l'ombre avec des risques immenses et un seul but : retrouver l'honneur de notre Pays et son indépendance. Je crois que nous pouvons en être très fiers et reconnaissants...Je pense à un ami de mon frère, Jean Legourd....(lien : Carolus)

                                                 Je me répète...ce mois de juin me fait beaucoup penser...Je vais quand même essayer de tourner la page trè prochainement !
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