• En allant prendre le train....un hiver avant la guerre..

     

                                        Juste avant la guerre.....

                                        Année scolaire 1938-1939, c'en était terminé de mon école de banlieue. Ouf ! à moi la liberté...enfin presque! Inscrite à la faculté de droit, je devais donc aller tous les jours à PARIS et c'est vrai que je me sentais libre, ce qui à l'époque était une sensation tout à fait nouvelle pour une fille ! on ne nous lâchait pas comme ça dans la nature... Je devais donc prendre le train, pas tout à fait seule puisque mon frère allait au Lycée à PARIS également. Mais voilà, moi j'avais un très gros défaut...je partais toujours en courant parce que j'étais toujours en retard...ce qui faisait dire à mon frère "toi tu ne prends jamais le train que tu voulais prendre, tu prends celui d'après" (curieusement, j'ai entendu pratiquement la même phrase dite par mon mari quelques années plus tard...). Passons...

                                        Donc, en cet hiver 1938/1939, munie de ma carte d'abonnement SNCF, je me dirige vers la gare en courant comme à mon habitude. Il avait neigé...Pour atteindre les quais de la gare, il fallait emprunter un souterrain et descendre quelques marches. Rien de bien spécial..Mais, taquinerie ou amour du travail bien fait, les contrôleurs exigeaient de voir cette carte d'abonnement à l'année. Nous étions connus, mais le règlement, c'est le règlement ! Il me fallait donc ouvrir mon sac, tout en courant pour ne pas rater le train...de quoi stresser même une personne calme ! et en plus, mon frère qui s'énervait car pour lui, l'heure, c'était l'heure ! Ce jour-là, il neigeait donc ;chaussée et marches glissantes ! Et je vois que le contrôleur de service était le plus exigeant. Rien à faire avec lui, il voulait voir la carte coûte que coûte le sourire d'une fille de 16 ans ne lui suffisant pas ! Je "fourrage" donc dans mon sac alors que j'arrivais sur la première marche de l'escalier et...pan, je glisse...j'avais la carte à la main et j'arrive devant mon employé-tortionnaire...mais sur les genoux ! Quelle honte ! je me sentais couleur cerise...mon frère riait (aucune pitié), et j'entends cette phrase qui m'a achevée "C'était pas la peine, je n'en demandais pas tant" ! J'ai vraiment eu envie ce jour-là de tuer le contrôleur pour ses exigences et surtout sa moquerie ! Il ne s'est jamais rendu compte certainement qu'il était passé bien près de la mort ! Je n'avais pas le temps heureusement car mon train arrivait en gare, et j'avais mal un peu partout, aux genoux et...à l'âme !

                                         Pourquoi cette histoire m'est toujours restée en mémoire ? J'avais eu là la vexation de ma vie...J'ose croire que ce contrôleur SNCF ne s'est pas vanté que les jeunes le respectaient tellement que certaine s'était mise à genoux devant lui ! ça serait un comble !

                                         Nous avons bien ri ensuite...nous étions jeunes et insouciants alors, plus pour longtemps...mais ça, nous ne le savions pas encore !

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  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Décembre 2008 à 11:55
    J'avoue que c'est très drôle, ce controleur n'avait surement jamais eu quelqu'un à ses pieds d'ou le proverbe: Rien ne sert de courir il faut partir à temps.
    Bonne semaine je vais aller faire la déco suivant vos bons conseils.
    2
    fleur des champs
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:15
    tres drole . J'ai bien ri...................................a genoux sans rebeller : une premiere!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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