• Cahin, caha...transports de guerre !


                             Ces années là....

                             Voyager était devenu un vrai parcours du combattant...alors que nous n'étions plus combattants, tout au moins pas officiellement ! Nous étions "occupés" et nos occupants avaient édicté des règlements que nous étions bien obligés de subir....Très peu de trains pour circuler en zone occupée, les voies de chemin de fer étant réservées à l'armée allemande en priorité... Alors, les quelques trains qui nous restaient étaient pris d'assaut, bondés, retardés, d'une lenteur à vous enlever toute envie de voyager ! Mon frère avait été inhumé dans l'Oise, là où il avait été tué. Nous habitions près de PARIS...ce qui nous faisait faire un voyage de 90 kilomètres...Une véritable expédition ! Nous partions le matin très tôt de Juvisy pour rejoindre la gare du Nord après un changement à la gare d'Austerlitz...Jusque là, ça allait à peu près...Ensuite, à la gare du Nord, il fallait arriver à monter dans le train ! S'y installer ? il ne fallait pas rêver ! Les sardines sont plus heureuses dans leurs boîtes, elles ont "plus d'espace vital"...Tiens, c'est ce que voulait Hitler pour l'Allemagne, de l'espace vital ! Nous, il ne nous en donnait que le minimum ...Arrivés tant bien que mal à St Just-en-Chaussée, là où nous devions prendre un autre train qui nous conduirait à MAIGNELAY-MONTIGNY...deux cas se présentaient : ou nous pouvions attraper la correspondance, ou bien, notre train ayant pris tellement de retard, nous avions....la solution de la marche ! 10 kilomètres...Pas d'autre train avant le soir ! Tout ça pour faire en tout 90 kilomètres ! Pas question de faire le retour dans la journée....Quelle expédition ! le voyage du siècle ! Si le départ pouvait être prévu, l'arrivée ne l'était jamais...surprise, surprise !

                               Pour les habitants de banlieue, l'heure du dernier train du soir devenait un vrai casse-tête ! Je sortais parfois avec une amie et nous allions au théâtre...Je n'ai jamais pu voir le dernier acte des pièces ! Couvre-feu obligeant, le théâtre commençait plus tôt le soir et à la fin de spectacle, il fallait attraper le dernier métro, qui vous conduisait (en ce qui me concerne) à une des gares desservant JUVISY...Oui, mais...le dernier train était déjà parti ! Donc, il fallait écourter la pièce de théâtre et courir, courir...pour ne pas avoir à admirer les lanternes rouges du train...J'aurais pu coucher chez mon amie...oui mais...découcher, "ça ne se faisait pas" ! Interdiction paternelle ! Pas facile de concilier l'éducation ancienne et les règles d'occupation ! Personne n'y mettait du sien, ni mon père, ni les allemands ! Quand mon père était absent, c'était beaucoup plus facile avec ma mère ! Elle, elle avait décidé une fois pour toutes qu'elle ignorait l'occupant et ses règlements, mais puisqu'il y avait des inconvénients, il fallait y faire face ! 

                               Ah! ces transports, quel souvenir ! Lorsque je sortais à Paris avec ma mère, dans la famille ou chez des amis, nous emportions ce qu'il nous fallait pour passer une nuit...Ce qui m'avait fait dire que, dès que la guerre serait terminée, c'en serait terminé, je ne partirais plus jamais en trimballant une valise ! Les mains libres, l'esprit libre....

                               

                                

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 11 Juin 2009 à 23:13
    Equipée, vous avez dit le mot juste ! On met moins de temps maintenant pour aller aux Antilles qu'on en mettait pour aller dans l'Oise !(bon, j'exagère un peu) .
    Merci d'être passé. Amitiés.
    2
    Vendredi 12 Juin 2009 à 10:55
    Heureusement que  les temps ont changé pour les transports en commun
    L'été est avance d'une semaine
    Bon vendredi
    3
    Vendredi 12 Juin 2009 à 18:38

    Bonsoir,

    L’association des deux de vos articles me vient à l’esprit. Pourquoi , Je ne saurais le dire, c’est comme ça ! Vais-je vous choquer ?

    Je me souviens de votre cochon, bienvenu en ces temps de privations gastronomiques. Je lis les contraintes des déplacements et je me dis d’un coup, voilà que le porc entre en transe, voici qu’il transpire… Boaf ! Amitiés. Loic

    4
    Vendredi 12 Juin 2009 à 19:30

    L'association de ces deux articles ? les deux concernent la même époque ! et notre pauvre cochon était bel et bien entré en transe !

    Amitiés

    5
    morsli
    Mardi 11 Mars 2014 à 21:10
    Et j'espère Geneviève que vous vous êtes bien rattrapée par la suite, avec ou sans bagages ! voyager avec des contraintes, subir toutes les contingences qui vous étaient imposées par l'occupation, cela ressemble plus à une équipée qu'à autre chose.J'avoue quant à moi que le côté moqueur de certains films modernes visant à rabaisser les français de l'époque, m'agace profondément y compris en les affublant de patronymes que les scénaristes croient humoristiques.J'aurais bien aimé les voir ces gens là il y a 70 ans.A demain Geneviève(j'ai des articles à découvrir chez vous).
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