• C'était l'été 1944.....


                                          Comme si "c'était hier" -

                                          Je ne sais si c'est parce que nous sommes en été, qu'il fait chaud, que le soleil brille (enfin dans la région où j'habite !), mais en ce moment je pense à tous ces étés de ma jeunesse, un peu dans le désordre peut-être, et notamment à cet été 1944 si riche en évènements importants... et douloureux parfois. Nous n'habitions plus JUVISY, notre maison à la limite d'ATHIS n'existait plus. En cinquante cinq minutes le 18 avril 1944 sont sort , de même que celui de maisons voisines et souvent amies, avait été réglé ! Il nous fallait donc "vivre" sans elle, sans souvenirs à contempler et en remerciant quand même le Ciel d'être sorties indemnes, ma mère et moi, de ce bombardement de la gare de triage. Nous avions du mal à y croire. Mais oui, nous étions bien là...

                                           Bon, ne nous plaignons pas, dans ce malheur, nous avons eu de la chance...On peut véritablement donner ce nom,  à l'aide que nous avons reçue de gens inconnus qui nous ont prêté cette si jolie maison, au bord de la Seine à ABLON. Comme nous arrivions à l'été, avec un peu d'imagination, nous pouvions nous croire en vacances...Petite consolation  mais bien d'autres personnes n'avaient pas eu cette chance.

                                           Nous profitions donc au maximum de cette maison, de son agréable jardin avec ouverture d'un côté sur le Quai et au fond sur une rue reliant Ablon à Villeneuve-le-Roi. Il y avait même une table de ping-pong et des raquettes. Moi qui adorais ça, j'étais comblée...Ma mère elle, était toujours aussi triste...Elle avait eu trop de malheurs en très peu d'années et je me rends compte maintenant qu'elle ne voyait pas trop bien l'avenir.  Moi, je travaillais et j'avais moins de temps pour réfléchir...et peut-être pas très envie de réfléchir? Les jeunes, vous savez......
    Dire que nous vivions l'esprit tranquille serait mentir. Il y avait beaucoup d'alertes et des bombardements dans la région. Nous avions peur... Dès que nous entendions les sirènes, le soir, nous allions chez des voisins qui avaient aménagé leur cave. Beaucoup de monde venait chez eux et même...deux soldats allemands qui gardaient une péniche allemande juste devant chez nous. Ils étaient déjà âgés et avaient demandé l'hospitalité à nos voisins un soir où les bombes tombaient bien près (Pont de Villeneuve-St-Georges, Pont de Lyon...) . Personne ne leur parlait mais ils essayaient de participer quand même...Ils nous ont dit qu'ils étaient Autrichiens, qu'ils étaient réservistes et avaient été rappelés...Bon, admettons, je pense que c'était vrai. S'il n'y avait pas eu la guerre, on aurait estimé que c'était de "bons pépères". Mais voilà....Ma mère, qui était Lorraine, ne "les connaissait pas" tout simplement ! Un soir d'alerte, un des soldats arrive avec un petit flacon de "benzine"(je crois que c'est comme ça qu'ils appelaient l'essence) et se dirige directement vers ma mère et en lui tendant le flacon, lui dit "pour chaussures"...Maman avait fait une tache sur le dessus de ses sandales en toile et bien entendu, elle n'avait pas pu l'enlever puisque nous, nous n'avions pas d'essence ! Alors, ce pauvre soldat voulait lui rendre service....Remerciements quand même du bout des lèvres et pour terminer, cette petite phrase de ma mère "vous allez bientôt partir, les allemands reculent" ! L'honneur était sauf, elle avait eu le dernier mot ! Tout le monde a ri dans l'abri et on en est resté là....ça valait mieux. Ah ces lorrains, plus entêtés que les bretons, et je sais de quoi je parle ! Quand mon mari et ma mère discutaient ensemble sans être trop d'accord, il était préférable de se sauver ! 
                                            
                                             Que sont devenus ces soldats ? ils ont eux aussi été pris dans leur débâcle...C'est ça la guerre.

                                             Souvenir de cet été 1944 qui nous avait redonné espoir...Les nouvelles des alliés étaient bonnes... Nous pensions moins à ce et ceux que nous avions perdus, mais à cette libération qui s'annonçait. Il y avait encore de gros sacrifices à faire, mais sous l'orage, quand on aperçoit un coin de ciel bleu, on revit. C'est ce que nous faisions ou tout au moins tentions de faire. Cette jolie maison paisible nous y aidait. Mais comme souvenirs de vacances, ce n'est pas ce que j'ai préféré ! Nous n'avions pas choisi....

                                             
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  • Commentaires

    1
    Samedi 19 Juillet 2008 à 14:47

    La guerre est moche.....et malgré tout, il en sort quelquefois des souvenirs qui peuvent ne pas être moches.....Quel paradoxe......La jeunesse a cette capacité de ne pas voir les choses de la même manière que les plus âgés et c'est tant mieux.....Bon week-end à vous. Je vous espère sous le soleil (d'après la météo.....je crois bien que oui). A bientôt. Bisous de la Réunion.

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