• Battements de coeur en juillet 1944....

          

                       Sur la route Nationale 7...

                       Petite histoire qui aurait pu mal se terminer...Ouf, j'avais eu chaud ! Je roulais à bicyclette sur la piste cyclable à Juvisy, sac en bandoulière (c'était la mode) et je me dirigeais sans arrières-pensées ou presque, vers une commune voisine, munie d'une adresse et d'un nom qu'on m'avait donnés...Je ne connaissais pas, bien qu'on m'ait prévenue que la personne que j'allais rencontrer ne m'était pas inconnue....Rébus...J'avais une enveloppe à lui remettre et ce pli, je l'avais rangé dans une petite sacoche sauvée du bombardement...et ficelé le tout sur mon porte-bagage. Et j'allais, insouciante et complètement inconsciente. C'est beau d'être jeune !  Tout à coup, un soldat allemand qui sortait je ne sais d'où, me fait mettre pied à terre et me demande mes papiers ! Je devais porter le sceau de l'innocence sur mon visage ! Je lui ai tendu mes papiers qu'il a bien regardés et j'ai précisé que je rentrais chez moi... Je n'en étais pas loin, donc je ne mentais pas ! Il ne m'a rien demandé d'autre...Voulait-il seulement arrêter une jeune fille pour lui faire la causette ? Je n'en sais rien et je n'ai absolument pas eu peur sur le moment...Mais quand j'ai repris ma route, je me suis mise à trembler et mon coeur en a fait autant ! J'ai réalisé enfin que s'il avait été un peu curieux, ou qu'il obéisse à des ordres, j'aurais pu avoir des ennuis ! Quand je dis que j'étais inconsciente, je crois que je suis en dessous de la vérité. Il est bon parfois d'avoir l'air un peu innocent et insignifiant...ça paie !

                        Je suis donc repartie vers cette adresse et arrivée à destination, j'ai pu constater que l'homme qui m'ouvrait la porte et que je ne connaissais que sous son vrai nom, était un homme que je voyais pratiquement tous les jours à mon travail, où il passait du temps avec mon patron. Il était brigadier-chef des garde-communications...Je n'avais jamais imaginé qu'il était dans la résistance ! Il semblait tellement quelconque ! Je lui ai remis le pli qui lui était destiné Tous ces résistants inconnus ont beaucoup aidé et sont rentrés dans l'anonymat après la Libération. Ils aidaient, sans souci des honneurs à venir....Et ils prenaient beaucoup de risques...On leur doit beaucoup...Une dizaine de garde-communications d'ATHIS ont été fusillés par les allemands à la Libération. Un seul en a réchappé, alors qu'il avait reçu le coup de grâce; horriblement blessé, il a pu se jeter dans la Seine et la traverser...Il en a fait un récit que j'ai pu lire sur un blog il y a environ un an...Poignant...Je suppose que pour lui aussi, les battements de coeur devaient être présents, à juste titre !

                         Cette période entre le débarquement du 6 juin 1944 et la Libération d'août 1944, n'a pas été de tout repos ! les allemands avaient peur et devenaient de plus en plus durs...sauf certains qui n'ayant plus d'illusions, n'avaient qu'un désir, rentrer chez eux...Mais il y en a eu des morts, des villages incendiés, des gens arrêtés... Mauvais souvenirs...

                        

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 7 Juillet 2009 à 17:47

    C’est vrai que l’on dit toujours que les deuxième, troisième fois sont plus dures que les premières ! La méconnaissance enlève la peur. Les risques étaient permanents, à cette époque, bien sûr. Amitiés. Loic

    2
    Mardi 7 Juillet 2009 à 18:35
    Peur rétrospective ! le fait que vous ignoriez tout ou partie du message que l'on vous avait chargée d'apporter, vous a certainement sauvée.Vous auriez pu croiser aussi une de ces têtes brûlées rendues folles par la défaite et qui, perdu pour perdu, s'accordaient l'impunité de sévir sans faire de distinction.Que de noms oubliés parmi les héros de la résistance qui soit périrent, soit retournèrent qui à sa charrue, qui à son bureau...etc...je vous souhaite une bonne soirée.
    3
    Mardi 7 Juillet 2009 à 20:59
    Bonsoir Geneviève, c'est toujours un plaisir de vous lire !
    Pour information, voici un article qui narre l'histoire du fameux rescapé, Emile JOFFRIN : 
    http://docs.google.com/View?id=dd6kmmbj_322kgnjcs2 

    Bonne lecture !
    4
    Mardi 7 Juillet 2009 à 21:47
    Merci pour ce renseignement qui m'évite...de rechercher ! Et merci pour votre visite.
    5
    Mercredi 8 Juillet 2009 à 01:27
    Bonsoir geneviève.
    Je vous écoute,...
    Je suis de la génération après-guerre, et j'ai été dès ma tendre enfance au fcourant de pas mal de choses, mais il y a eu tant et tant d'évènements que tous nous devrions connaître...
    Je regrette que pour les préserver (ou je ne sais quelle autre raison), les jeunes maintenant ne soient pas mieux informés sur ce qui s'est passé à cette époque.
    Les faits d'armes à la limite, on les retrouve dans tout bon livre d'histoire, mais le quotidien des gens... 
    Et je trouve bien ce blog, où touche après touche, vous apportez votre pierre à l'édifice de cette connaissance.
    Merci à vous. 
    6
    Mercredi 8 Juillet 2009 à 07:52
    Et pourtant, j'ai remarqué que les jeunes sont souvent très intéressés par ces récits "d'avant" ! Peut-être les programmes sont-ils à revoir ? Je vous remercie pour ces compliments.
    7
    Mercredi 8 Juillet 2009 à 08:57
    C'état vraiment une dure période.
    Heureusement que jeune nous étions inconscients, la peur était moins présente.
    Bonne journée, chez nous elle sera bien ventée.
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