•                          16 octobre 1984...

                             Un petit garçon de 4 ans 1/2 venait de mourir d'une mort atroce. Son corps venait d'être retrouvé dans la Vologne, rivière de Lorraine...Il avait été assassiné...Toute la France se posait des questions et chacun vivait le calvaire de ces parents qui ne reverraient jamais leur enfant...

                              Tout a été dramatique dans cette triste affaire, depuis la mort du bambin, jusqu'à la suspicion qui a entouré les parents. Je me souviens du chroniqueur judiciaire Frédéric POTTECHER, lorrain d'origine, qui de sa voix si forte avait dit :"on ne saura jamais"...Ma mère, lorraine également, le disait aussi...Quand un lorrain ne veut rien dire, il est très difficile et même presque impossible de le faire parler. Que de souvenirs de ma mère !

                               25 ans après, on ne sait toujours rien ou presque. D'autres drames se sont greffés sur celui-là et moi je pense aux parents de Grégory qui cherchent toujours la vérité...Attendre, ça peut sembler si long...Là encore je repense au calvaire de ma mère ayant attendu pendant deux ans des nouvelles de son fils, sans se plaindre (toujours ce caractère lorrain). Une expression relativement récente dit "il faut pouvoir faire son deuil". Comment le faire quand on se pose tant de questions. La vie de ces jeunes parents a été gâchée à tout jamais, comme la vie de leur petit. Si la vérité éclatait un jour, rien ne ferait que cette attrocité n'ait pas eu lieu, mais ils pourraient peut-être vivre autrement ? Sans cette question toujours sans réponse : qui ? et pourquoi ? Quel monstre a pu faire cette horreur ?

                                Il n'y a rien de pire que l'attente et que les questions sans réponses...Si, est pire la disparition de ce petit qui n'avait fait de mal à personne et qui a vraisemblablement été l'enjeu de "petites guerres" entre adultes.

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  •                          Hiver 1944/1945...

                             A cette époque, je travaillais dans un commissariat de Police de banlieue comme "secrétaire auxiliaire", plus spécialement affectée au service des Inspecteurs : rapports, procédures diverses, la routine d'un bureau en un mot. Mais la routine dans un commissariat est parfois intéressante, voire même amusante, les "clients" reçus n'étant pas toujours tristes ! 

                             Un matin, les inspecteurs sont avisés qu'il y avait eu un cambriolage important dans la nuit, à deux pas du commissariat, dans une villa appartenant à des personnes de PARIS venant là en week-end. A cette époque, avoir une maison de campagne en banlieue était chose courante, point n'était besoin de faire des centaines de kilomètres pour s'aérer et se reposer. Donc cambriolage par des intrus assez sportifs puisqu'ils avaient pénétré dans le pavillon en passant par un vasistas sur le toit... Routine, début d'enquête par les inspecteurs qui ont la sensation que les cambrioleurs avaient été bien renseignés...En revenant de déjeuner à deux heures, un des inspecteurs raconte qu'il avait parlé chez lui de ce cambriolage fait vraiment à quelques pas du commissariat, ce qui représentait un certain aplomb et l'affectait particulièrement car il habitait le quartier . Son fils déjà grand adolescent lui dit "Tiens hier soir quand je suis sorti du cinéma, deux hommes m'ont demandé où était la rue de la Concorde (rue du cambriolage). Je leur ai indiqué le chemin et je me suis demandé ce qu'ils allaient faire là-bas en pleine nuit"....Il y avait de quoi faire réfléchir un inspecteur, et même plusieurs...surtout quand vous pouvez avoir une bonne description des hommes en question et que vous apprenez par le propriétaire de la maison cambriolée que, quelques jours avant on lui avait livré du mobilier de PARIS et que, pour faire de la place, il avait fait monter dans le grenier, par les livreurs, les meubles qui gênaient.... "Bon sang, mais c'est bien sûr"....

                              Et voilà, il ne restait plus aux inspecteurs, nantis d'un bon portrait des suspects et de l'adresse du fabricant de meubles, qu'à aller jusqu'à l'usine afin de connaître le personnel...Les voleurs présumés ont été reconnus et ils ont raconté que lorsqu'ils étaient montés dans le grenier, ils avaient débloqué le vasistas pour se préparer le terrain ! Ils croyaient "l'affaire dans le sac" mais ils se sont trouvés emballés, sans comprendre comment ils avaient pu être retrouvés si facilement. L'inspecteur "au grand coeur" leur a dit "vous avez demandé votre chemin à un jeune homme, sur le coup de minuit...pas de chance, c'était mon fils" !...On ne saurait penser à tout.

                              Et voilà pourquoi il est préférable de toujours bien connaître son chemin !

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  •                           Pour notre bien, toujours !

                              Une amie blogueuse m'a rappelé ce matin par un commentaire sur mon article d'hier, une séance importante à laquelle nous étions conviés par notre mère lorsque nous étions enfants : la distribution d'huile de foie de morue ! Absolument horrible ! il parait que c'était "pour notre bien", notre santé devant s'en ressentir tout l'hiver, pour le meilleur bien sûr  ! Moi, je veux bien, mais dès le départ mon estomac s'en ressentait toute la journée , pour le pire !

                              Prendre cette mixture à titre de cure, tous les matins, pratiquement dès le réveil, ça vous chamboulait pour un moment ! Il y avait déjà cet aspect huileux évidemment (il n'y a pas d'huile non huileuse), et le goût...alors là, je ne peux pas décrire... L'ensemble vous soulevait l'estomac et...tout ce qu'il contenait. Très, très, très mauvais souvenir...Mon frère et moi avions une technique que bien des enfants connaissaient : garder l'huile dans la bouche jusqu'à ce qu'on puisse s'en débarrasser au fond du jardin ou autre...Résultat ? nous en étions totalement imprégnés et goût et odeur ne nous quittaient plus de toute la matinée. D'autant plus que notre mère veillait et que souvent, au dernier moment elle était là et nous obligeait à avaler ! Bénéfice de l'opération : zéro !

                              Curieusement, passait au fond de notre jardin, un ruisseau appelé le "MORT RU" (ça ne s'invente pas ) ! C'était l'endroit prédestiné pour pouvoir rejeter cette huile de foie de MORUE...quand on le pouvait. Si nous avions eu des envies suicidaires à la suite de l'ingurgitation de l'huile, il fallait choisir autre chose que le Mort Rû, ruisseau plein de vase, de sangsues et de têtards...Il fallait tout de même choisir de mourir sainement ! Huile de foie de morue dans le Mort Rû, quel meilleur retour à la source ? 

                               Au fait, ce traitement avait peut-être quelque valeur puisque...je suis toujours là !

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  •                          Sinapisme...

                             Un mot attrapé au vol hier dans un jeu télévisé, m'a fait remonter à l'esprit des souvenirs "chauffants" de mon enfance : "sinapisé" ! Aïe, quels souvenirs ! J'avais la mauvaise habitude de subir une fois par an l'attaque d'une bronchite ! Cette toux, je m'en souviendrai toujours. Elle était tenace et cédait avec bien du mal...pour moi surtout ! A chaque fois, branle-bas de combat, mes parents, après avoir appelé le médecin en renfort, sortaient "la grande artillerie"....Ils ne regardaient pas, forcément, c'était moi qui subissait ! Et comme on dit "qui aime bien châtie bien"...Alors là j'avais la preuve, s'il en était besoin, qu'on m'aimait beaucoup ! J'avais droit à tout ce que je n'aimais pas : infusion de tilleul et surtout, cataplasmes  ou mieux encore enveloppements, le tout "sinapisé" pour que ça soit plus efficace...Et ça chauffait, dur même ! Souvenirs cuisants ! Plus on était rouge, mieux c'était...A rendre jaloux les homards !

                              Le traitement n'était sans doute pas mauvais puisque...je suis encore là. La farine de moutarde, mélangée si je me souviens bien à des graines de lin, constituait un emplâtre bien chaud, bien piquant que je supportais en poussant des cris...Fernand Raynaud n'avait pas encore fait son sketch "Bourreaux d'enfants", mais c'est ce que je pensais sans le dire...

                              Et s'il n'y avait eu que ça ! Mais je me souviens aussi des ventouses...Ces petits machins de verre dans lesquels on faisait brûler un bout de coton je crois, et qu'on vous retournait sur le dos...ça vous aspirait la peau et ça décongestionnait ! Ce n'était pas agréable du tout, mais puisque ça soignait....Il fallait en passer par là. Pour compenser ces désagréments il y avait ce sirop préparé avec amour par le pharmacien. Il était très bon et je me souviens que je le prenais avec plaisir...

                              Petits inconvénients de l'ancien temps, quand la médecine n'était pas encore ce qu'elle est devenue...Celle de "Papa" était ce qu'elle était, mais nous étions soignés et très souvent guéris. N'est-ce pas là le principal ? Et ça alimente mes souvenirs....

     

                              

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  •                          De jadis à aujourd'hui...

                             Ces jours-ci, on me dit qu'il me faut du repos ! Déjà que j'ai l'impression de ne pas faire grand'chose, il me faut améliorer mon score ! Allons-y avec courage (c'est assez paradoxal !) et essayons de reposer "ma gauche" dont le nerf sciatique fait des siennes ! Celui-là, si je le tenais ! Ma tête a donc double travail : pallier à l'inactivité physique, et travailler pour me distraire ! Donc, je pense...rude travail ! Je revois toutes ces années qui sont derrière moi, du plus loin que je puisse me souvenir jusqu'à maintenant...il y en a pas mal !

                             Mes années de petite enfance sont encore bien présentes à mon esprit, premières années d'école quand j'étais une très bonne élève...Puis, petit à petit, j'ai commencé à me faire beaucoup moins de tracas, pensant que "je savais tout...ou presque" ! Alors à quoi bon s'en faire...J'ai donc travaillé en "roue libre", juste ce qu'il fallait pour avancer tranquillement et ne pas avoir trop d'ennuis avec mon père, intransigeant sur les études... Puisque je savais déjà tout, il était inutile que je me fatigue...Je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur des raisonnements.. Et voilà, je suis arrivée aux années de guerre et là, mon optique a complètement changé. J'avais enfin "pris conscience", poussée par les évènements et une plus juste vision des choses aussi peut-être. L'enfance était partie, l'insouciance avec... Et puis je me suis mariée, et mon mari et moi avons fondé une famille ! Plus d'insouciance du tout, mais des responsabilités, de plus en plus, et le travail à l'extérieur. Ce fut une autre vie.... Et l'heure est venue de devenir grand-mère...1, 2, 3, 4, 5, 6 ! Encore une toute autre vie, peut-être celle qui m'a conservée une certaine jeunesse tout au moins d'esprit ! La fréquentation de la jeunesse est parfois très enrichissante, surtout quand soi-même on n'a plus le souci de son éducation ! Jeune de caractère, mon mari l'était, peut-être même plus que moi....Quelles belles années !

                              Que suis-je devenue ? Maintenant une arrière-grand-mère de déjà trois petits, très bientôt un quatrième et la liste peut encore s'allonger ! Ma vie a été bien remplie. Si j'ai connu la guerre et ses drames, j'ai connu le siècle des progrès de toutes sortes, des avancées de tous ordres... Ne serait-ce que cet ordinateur et Internet...qui me font connaître des gens "que je ne connais pas" mais avec qui je me sens bien...des amis. Je suis devenue une très vieille dame avec ses qualités et aussi tous ses défauts...Pour ceux-là, je sais qui pourrait vous renseigner...mais avouons qu'une mère parfaite, ça ne serait pas drôle !

                            

     

                             

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