•                          A Firminy....

                             Occupée depuis hier par la visite d'une de mes petites-filles venue me présenter le compagnon de sa vie, je n'ai pas eu trop le temps de me consacrer à mon sport favori, mes discussions sur Internet ! Voici quatre ans que je ne l'avais pas vue et le bavardage "en direct" va bon train ... Nous nous parlons souvent au téléphone mais, ce n'est pas la même chose ! Et puis, il faut que je me souvienne que faire la cuisine pour ceux qu'on aime est un passe-temps agréable aussi ! Ce que je fais....En contre-partie, je ne regarde pas beaucoup la télévision, n'écoute presque pas la radio...Je vis un peu hors du temps...Le peu que j'ai écouté à la télévision ce matin m'a mis "les sangs à l'envers" ! Je veux parler des émeutes qui ont eu lieu à FIRMINY dans la nuit je crois.

                              Pourquoi une telle violence ? pourquoi une telle haine ? J'ai cru comprendre qu'un jeune s'était suicidé au commissariat et je trouve ça infiniment triste et je pense à sa famille. Ce jeune était au commissariat pour quelle raison ? Je l'ai dit, je suis un peu en dehors du temps depuis hier...Mais je ne peux juger, puisque je ne sais rien...Ce que je constate, c'est le résultat. Est-ce que les commerçants, les propriétaires de voitures incendiées, les victimes de toutes ces déprédations occasionnées par "les jeunes" du quartier, sont responsables de quoi que ce soit ? Non, sûrement pas ! Simplement, cette montée de violence est due à la haine...haine de qui ? de tout le genre humain ? On ne condamne pas en bloc comme ça ! J'ai entendu ce matin une jeune femme qui disait "je comprends que ces jeunes aient la haine, mais de là à faire ça"...Oui, de là à faire ça...Et moi, je ne comprends pas qu'"ils aient la haine", phrase que je trouve affreuse...mais bon, je ne suis pas moderne moi, j'ai tendance à parler comme on parlait dans le temps jadis ! Cette jeune femme comprenait ces jeunes, d'une façon restrictive peut-être...mais elle les comprenait ! Ce que je ne comprends pas, moi, c'est qu'on ne leur fasse pas comprendre que leurs violences ne servent à rien, si ce n'est à les faire mal juger par la population ! Je pense qu'on a déjà essayé, mais il est beaucoup plus amusant de jouer "à la petite guerre"...ça met l'ambiance ! Cela fait énormément de mal des deux côtés, victimes et "jeunes" puisque jeunes il y a ! Jeunes ? ah mais non, ce n'est pas ça la jeunesse...Nous n'avons pas une jeunesse composée uniquement de voyous qui détruisent, qui "cassent du flic"... Nous avons une jeunesse qui travaille, étudie, vit normalement avec toutes les difficultés que cela implique....Ce n'est pas toujours drôle pour eux, mais ils acceptent avec courage. Pas d'amalgame s'il vous plaît. Qu'on cesse d'appeler "Jeunes" tous ces voyous à qui il manque surtout d'avoir été éduqués ! C'est ça la base de la jeunesse..

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  •                          La mode enfantine...

                             Si j'ai déjà parlé de la mode chez les jeunes filles et les femmes de jadis, je n'ai jamais raconté que les petites filles, elles aussi, avaient une mode (ou des contraintes) à suivre impérativement ! Personne n'y coupait, qu'il s'agisse de robes, manteaux, chapeaux, chaussures, ou ...de sous-vêtements ! Et il y en avait des sous-vêtements pour ces demoiselles ! Chemises le plus souvent faites à la maison, avec encolures brodées au point feston ou agrémentées de petites dentelles fines...En règle générale, chemises et jupons faisaient un ensemble : même tissu fin (ou un peu plus chaud pour l'hiver), même couleur...Ce n'était pas laid du tout...enfin, ça ne me semblait pas laid, mais allez mettre ça à une petite demoiselle de 6 ans de notre époque...vous verrez bien sa réaction ! Mais ce qu'il ne fallait pas oublier pour les sous-vêtements, c'était le corset !Pas un carcan non, mais un corset tout de même ! Il avait de larges bretelles et se boutonnait devant, un laçage au dos permettait de le serrer un peu, peut-être pour le maintien ? je n'en sais plus rien. Mais ce dont je me souviens c'est de l'utilité de ce corset : c'est sur lui que se fixait la culotte (culotte de marque "Petit bateau" ou autre) qui n'avait pas d'élastique à la taille, mais des boutonnières, trois devant, deux derrière, et...un lacet serré derrière. Les boutonnières s'attachaient aux boutons fixés sur le corset et le lacet vous donnait l'impression...de ne pas perdre votre culotte en route ! Ah, celui-là, quand il avait décidé de vous abandonner sans crier gare, comme vous vous sentiez malheureuse, avec cette peur de voir votre culotte vous tomber sur les pieds ! ça ne risquait rien, les boutons restant là en principe, mais l'impression désagréable de ne plus être tenue normalement était insupportable !...Plus tard, quand vous attrapiez 13 ou 14 ans, on fixait au corset des jarretelles pour tenir les bas que vous étiez enfin autorisées à mettre, "comme les grandes personnes" ! Quel harnachement tout ça ! S'habiller en vitesse était un vain mot ! Tous ces boutons que les mamans devaient recoudre et consolider, avant que ce travail ne fasse partie du vôtre quand vous grandissiez....Broder chemises et combinaisons aussi....C'était un travail du Jeudi...

                              Autre mode : la façon de coiffer les petites filles ! Soit avec des nattes, soit avec des cheveux plutôt courts, et une mèche fixée par une barrette elle-même agrémentée d'un large noeud en ruban....Ruban rose, rouge, bleu, blanc, souvent assorti à la robe ! C'était...comme un chou planté sur la tête ! Que ne fait-on pas au nom de la mode ! Et il y avait les chapeaux, bérets ou bonnets : il était préférable de ne pas sortir tête nue...Robes et manteaux étaient adaptés à l'âge...Rien de spécial à en dire...Les pulls étaient tricotés à la maison...Le "tout fait main" était important .

                              Étions-nous libres de nos mouvements ? Oui, quand même, si ce n'était cette fichue culotte qui vous donnait du souci...Mais les petites filles d'après-guerre ont appris à avoir des vêtements pratiques : salopettes, pantalons, jeans, tee-shirts...Elles peuvent sauter, courir, sans avoir trop chaud, se promener avec le moins de vêtements possible, tous plus légers les uns que les autres ! Le nylon et tous ses dérivés...quelle belle invention ! Et si pratique à laver tout ça pour les mamans.... 

                              Cette liberté-là aussi nous est arrivée après la guerre !

                              

                              

                             

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  •       

                       Sur la route Nationale 7...

                       Petite histoire qui aurait pu mal se terminer...Ouf, j'avais eu chaud ! Je roulais à bicyclette sur la piste cyclable à Juvisy, sac en bandoulière (c'était la mode) et je me dirigeais sans arrières-pensées ou presque, vers une commune voisine, munie d'une adresse et d'un nom qu'on m'avait donnés...Je ne connaissais pas, bien qu'on m'ait prévenue que la personne que j'allais rencontrer ne m'était pas inconnue....Rébus...J'avais une enveloppe à lui remettre et ce pli, je l'avais rangé dans une petite sacoche sauvée du bombardement...et ficelé le tout sur mon porte-bagage. Et j'allais, insouciante et complètement inconsciente. C'est beau d'être jeune !  Tout à coup, un soldat allemand qui sortait je ne sais d'où, me fait mettre pied à terre et me demande mes papiers ! Je devais porter le sceau de l'innocence sur mon visage ! Je lui ai tendu mes papiers qu'il a bien regardés et j'ai précisé que je rentrais chez moi... Je n'en étais pas loin, donc je ne mentais pas ! Il ne m'a rien demandé d'autre...Voulait-il seulement arrêter une jeune fille pour lui faire la causette ? Je n'en sais rien et je n'ai absolument pas eu peur sur le moment...Mais quand j'ai repris ma route, je me suis mise à trembler et mon coeur en a fait autant ! J'ai réalisé enfin que s'il avait été un peu curieux, ou qu'il obéisse à des ordres, j'aurais pu avoir des ennuis ! Quand je dis que j'étais inconsciente, je crois que je suis en dessous de la vérité. Il est bon parfois d'avoir l'air un peu innocent et insignifiant...ça paie !

                        Je suis donc repartie vers cette adresse et arrivée à destination, j'ai pu constater que l'homme qui m'ouvrait la porte et que je ne connaissais que sous son vrai nom, était un homme que je voyais pratiquement tous les jours à mon travail, où il passait du temps avec mon patron. Il était brigadier-chef des garde-communications...Je n'avais jamais imaginé qu'il était dans la résistance ! Il semblait tellement quelconque ! Je lui ai remis le pli qui lui était destiné Tous ces résistants inconnus ont beaucoup aidé et sont rentrés dans l'anonymat après la Libération. Ils aidaient, sans souci des honneurs à venir....Et ils prenaient beaucoup de risques...On leur doit beaucoup...Une dizaine de garde-communications d'ATHIS ont été fusillés par les allemands à la Libération. Un seul en a réchappé, alors qu'il avait reçu le coup de grâce; horriblement blessé, il a pu se jeter dans la Seine et la traverser...Il en a fait un récit que j'ai pu lire sur un blog il y a environ un an...Poignant...Je suppose que pour lui aussi, les battements de coeur devaient être présents, à juste titre !

                         Cette période entre le débarquement du 6 juin 1944 et la Libération d'août 1944, n'a pas été de tout repos ! les allemands avaient peur et devenaient de plus en plus durs...sauf certains qui n'ayant plus d'illusions, n'avaient qu'un désir, rentrer chez eux...Mais il y en a eu des morts, des villages incendiés, des gens arrêtés... Mauvais souvenirs...

                        

     

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  •                                Un été avant guerre...

                             La petite chienne appelée Minnie que nous avions avant la guerre, nous donnait parfois bien des soucis ! Quand elle décidait de se trouver un petit ami, ce qui lui semblait indispensable de temps en temps...Dans ces périodes, il ne faisait pas bon l'emmener en commissions avec nous, car si nous partions avec une chienne, nous revenions avec...tous les chiens du quartier, les gros, les petits, les beaux, les moins beaux ! Ah ! ces mâles, quand ils voient ou sentent une petite jeunesse prête à succomber à leur charme, pas moyen de s'en débarrasser...Autant dire tout de suite que ni mon frère, ni moi n'aimions cette situation... Alors, Minnie restait dans le jardin, bien triste et sûrement très fâchée d'avoir des maîtres aussi incompréhensifs ... La morale ? elle s'en moquait bien !

                              Un jour, aboiements désespérés dans le jardin ! Ceux de Minnie et ceux de notre bon gros Malinois réunis ont obligé mon père à aller voir ce qui se passait ... Quel tableau... Un assez gros toutou venant de l'extérieur, sans autorisation spéciale (qui lui aurait été refusée et pour cause....) avait voulu forcer la barrière de sécurité constituée de la grille en fer et donc de solides barreaux. Sautant sur le mur, il avait essayé de passer entre deux barreaux, mais soit manque de réflexion, soit envie trop forte de s'offrir la douceur d'une étreinte défendue, il n'avait pas pensé à sa taille et il était pris au piège ! Coincé...S'il avait pu passer tête, cou et début de poitrine, le reste n'avait pas voulu suivre ! Reculer, vous n'y pensez pas, c'était impossible, son ventre ayant gonflé de part et d'autre du barreau ! Quel triste spectacle ! Mon père est parti bien vite chercher une scie à métaux et a scié le barreau, pouvant enfin dégager cet amoureux transi ! Il n'était pas content le papa, le chien non plus sans doute car il est parti en courant... Il en avait été pour ses frais et heureusement que nous avions été alertés par les aboiements qui étaient, nous l'avions bien compris, des appels au secours ! Le courage, l'intrépidité, n'ont pas été récompensés, pas plus que la vertu obligée de notre petite chienne ! 

                               Jour "sans" aujourd'hui pour les souvenirs sérieux ! A bientôt !
                             
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  •                          

                                   Vous avez dit "restrictions" ?

                            

                            C’était à la fin de l’été 1940, alors que nous commencions à manquer de tout. Hommes, femmes, enfants, animaux avaient faim ! Les adultes avaient bien compris ce qui se passait, les enfants un peu moins, mais les animaux….allez leur expliquer que l’occupant se moquait d’eux comme….de l’an 40 !


                           Ma mère avait réglé le compte de notre petite basse-cour : tout le monde en conserve, ça pourrait nous rendre service par la suite. De toute manière, on ne pouvait plus les nourrir…Mais nous avions un chat adorable, noir avec simplement une petite tache blanche sous le menton.J'en ai déjà parlé de ce Mickey. Nous y tenions beaucoup et nous avions essayé, en prenant bien des précautions, de lui dire qu’il ne devrait pas se montrer exigeant, que la petite tasse de lait, les petites douceurs, ça devait rester à l’état de souvenirs agréables, mais complètement dépassés ! Il devait prendre modèle sur nous et manger des légumes…D’accord, il adorait ça, mais il ne fallait tout de même pas oublier que les chats sont des carnassiers et qu’un poireau n’a jamais remplacé un bifteck…Impossible de le convaincre. Il adorait les caresses et ça, on ne les lui mesurait pas…mais…pour la viande, restrictions de A à Z.

                        Ce brave chat, pas sauvage du tout, allait souvent rendre visite à une voisine qui s’était occupée de lui pendant l’exode…Il aurait dû être reconnaissant, oui mais, elle n’aurait pas dû acheter, par quel canal (?) un chapelet de saucisses et surtout les laisser sur sa table. Et voilà pourquoi j’ai tout à coup entendu crier dans la rue « au voleur, au voleur, arrêtez-le » ! J’ai regardé à la fenêtre et j’ai vu notre matou qui galopait en traînant derrière lui tout un chapelet de saucisses ! 

                          Sorti de la maison de notre voisine, il avait emprunté  notre avenue, sautant pardessus les murs, le tout à une vitesse record...Les chats sont agiles et lestes et peuvent  battre des records de vitesse, ce qu'il a certainement fait ce jour-là...et notre voisine courait derrière, en vain ! Un vrai dessin animé ! Et moi, sans pitié, j'ai été prise d'un fou rire qu'il m'a été    impossible de retenir. Ma mère était absente, je pense qu'elle aurait eu la présence d'esprit de s'excuser. Moi pas ! C'était trop drôle...Tout s'est très bien terminé... pour Mickey qui a dû se régaler...Mais pas de saucisses au dîner pour notre voisine qui a décidé de ne plus laisser notre chat entrer chez elle !

                          Je n’aurais jamais pu faire ce qu’avait fait notre chat….de toute façon, je ne courais pas assez vite….. »Tu ne voleras pas »…mon chat n’avait que faire de ce précepte …A la guerre comme à la guerre !

                         

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