•                           Main dans la main !

                              Cette éducation de jadis que certains trouvent trop rigide, me fait revenir à l'esprit une petite histoire que mon père racontait...Histoire vraie arrivée à un de ses cousins qui allait à l'école à JUVISY, bien avant la Grande Guerre....

                              Lorsqu'un instituteur avait des problèmes en classe avec un élève, il n'était pas rare qu'il mette un mot sur le cahier de l'élève en lui demandant de "faire signer par son père"! Ça, c'était une punition double ! en effet, en plus de la punition attrapée en classe, il y avait celle que ne manquait pas de donner le père ! Pas question à cette époque de critiquer le maître et d'aller le trouver pour lui faire des remontrances et encore moins de lui administrer une raclée ! ça ne se faisait pas ! Et le respect alors ? C'était d'ailleurs la même chose quand j'étais jeune !

                              Un jour, le cousin Albert qui avait été particulièrement  turbulent (ou qui ne savait pas ses leçons) est revenu chez lui avec son cahier annoté de la belle écriture du maître et racontant ses méfaits ! Aïe, l'oncle de mon père (c'était un "défaut" familial) était très sévère et Albert se rendant compte que ça irait sûrement mal pour son matricule, a décidé de ne pas soumettre le cahier à la signature de son père et de "faire comme si"...Alors, il a crû bon d'inscrire, sous le"mot" du maître, cette phrase courte qu'il croyait suffisante : "Punissez-le"...et pour en terminer, il a imité la signature du paternel !C'était court en effet, mais l'instituteur qui connaissait très bien le père, a trouvé cette injonction peu commune, et il s'est posé des questions...Il s'est alors dérangé lui-même et est venu aux nouvelles, directement à la maison d'Albert ! La suite ? Quand j'ai connu ce cousin, il avait déjà 25 ans environ et...il parlait encore de la fessée qu'il avait reçue de son père !

                               C'était jadis, quand parents et instituteurs marchaient "main dans la main" et que le métier d'enseignant n'était pas devenu dangereux !

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  •                           J'ai beaucoup aimé...

                              Je n'ai pas honte de le dire, j'ai beaucoup aimé ce défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées...Le temps était au beau sur PARIS et moi, bien installée dans un fauteuil, j'ai regardé toutes nos troupes, les grandes Ecoles et les moins grandes, l'aviation, la marine, les blindés, les pompiers...enfin, tout ce qui défilait et qui représentait la France. Et j'ai pu voir la Garde Républicaine et son magnifique carrousel...Et ces soldats étrangers venus représenter l'Inde avec fierté...Et pour finir, les parachutistes ! C'était grandiose tout ça, et j'ai été, pourquoi ne pas le dire, fière de mon pays et de tous ces hommes et femmes qui nous ont permis de voir un tel spectacle. Quel travail pour eux depuis bien des jours et mois sans doute, mais quelle satisfaction ! Bravo à tous !
    Je vais sans doute sembler un peu "cocardière" auprès de certains. On ne se refait pas, j'aime mon pays, même si je le critique souvent...Vous savez bien, les français adorent critiquer ce que fait leur pays, mais n'aiment pas du tout, mais alors pas du tout, que d'autres viennent le critiquer ! ça doit faire partie de nos droits !

                               Et ce qui m'a fait plaisir, ce sont les jeunes des différentes écoles prestigieuses ou non...J'ai vu des jeunes qui avaient un idéal...Et je trouve ça encourageant à une époque où il est de bon ton de mettre tous les jeunes "dans le même sac", pas pour le meilleur, mais uniquement pour le pire ! Ouf ! tout n'est pas perdu...Ils existent ces jeunes bien qu'on en parle moins souvent que de ceux qui essaient de jeter le discrédit sur la jeunesse, en brûlant, cassant et même tuant parfois. Ceux qui ne respectent rien ni personne...

                               Je suis heureuse de cette matinée passée à regarder et applaudir...Et puis, ça m'a rappelé ma jeunesse, et ça, c'est toujours bon à prendre ! Ce soir, il y aura paraît-il un très beau feu d'artifice tiré depuis la Tour Eiffel....Comme j'aimerais y être...Faut pas rêver, je suis trop loin et surtout un peu trop âgée ! Je regarderai de mon 6ème étage celui de ma ville...et des alentours !
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  •                      Souvenirs d'antan...

                         En cette veille de 14 juillet, je ne peux m'empêcher de repenser aux divers 14 juillet de ma jeunesse, alors que j'habitais en banlieue parisienne...Pour les adultes, mais aussi pour les enfants, c'était une fête, fête en musique, musique militaire surtout ! On suivait les minis-défilés jusqu'au monument aux morts de la Grande Guerre, celle-ci étant encore si proche de nous...Fanfare avec clairons, tambours, drapeaux ...Tout ceci plaisait aux enfants qui se sentaient une âme de conquérants ! Et surtout, il y avait la revue du 14 juillet à PARIS à laquelle mes parents nous emmenaient parfois.

                         Nous prenions alors le train à JUVISY, de très bonne heure le matin, pour être bien placés aux Champs Elysées. Il y avait foule et très souvent, les épaules de mon père étaient les bienvenues pour me permettre de voir ce qui se passait ! C’était très beau ! A l’époque, il y avait des troupes coloniales qui défilaient et qui ajoutaient au folklore ! Et toutes les troupes à pieds, à cheval, les garde-républicains… Toutes étaient applaudies…Nous rentrions chez nous fourbus, mais tellement heureux !


                        Et je ne dois pas oublier la Retraite aux Flambeaux qui avait lieu je crois le 13 juillet au soir ! C’était un peu comme le « Combat des Maures » : Nous partions quelques-uns, mais nous étions infiniment plus à l’arrivée !Tout le monde suivait avec lampions multicolores, flambeaux etc…et « En avant la musique » ! On était heureux pour des petits riens, mais ça comptait pour beaucoup à une époque où les distractions ne nous rendaient pas blasés de tout.

                        Et le soir du 14 juillet, arrivait l’heure du Feu d’artifice (je peux dire des feux d’artifice car on pouvait voir ceux des communes avoisinantes). Explosion de joie alors " la belle bleue, la belle verte, la belle rouge "  ! Il y avait bien quelques ratés, mais ce n'était pas grave, l'essentiel était de bien s'amuser !

                        Pas le droit pour moi d’assister aux divers bals populaires ! Je n’avais pas l’âge admis par mon père !!! ( Aïe ! cette époque qui nous voyait obéissants, contre notre gré il faut bien l’avouer !). Mais je me souviens qu’il y en avait plusieurs et que mes camarades qui y allaient rentraient ravies ! C’était ainsi….Je pensais me rattraper un peu plus tard, mais….d'autres festivités nous attendaient...

                       J’ai quand même un bon souvenir de ces fêtes du 14 juillet. Est-ce que cela a tellement changé maintenant ? Peut-être pas…Toujours des fanfares, des retraites aux flambeaux, des feux d’artifice de plus en plus beaux, des bals ? Je n’en suis pas certaine sauf en ce qui concerne les feux d’artifice et les bals qui eux sont toujours bien présents et appréciés de tous !

                        Le 14 juillet représente quand même un anniversaire que nous ne pourrons jamais oublier complètement. Et les flonflons et autres feux d’artifice ont encore de beaux jours devant eux !

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  •                           Penser aux autres...

                              Quand j'étais enfant, j'en ai déjà parlé, mes parents et surtout mon père, ne badinaient pas sur l'éducation ! Ce qui nous semblait alors normal paraîtrait sans doute "monstrueux" à la génération actuelle ! Nous n'étions pas maltraités, loin de là ! Nos parents étaient aimants mais essayaient de nous armer pour la vie. C'est ce que mon père disait...En toute honnêteté, je crois qu'il avait raison, même si parfois on "ruait un peu dans les brancards" (en paroles et en dehors des parents !) On n'accepte pas toujours avec bonne humeur les remontrances, fussent-elles faites "pour notre bien" présent et futur !

                              Nous n'étions pas des anges et très tôt dans la vie, il semblait indispensable que les parents combattent quelques petits défauts qui pointaient le bout de leur nez ! Par exemple, chez moi, un défaut horripilait mes parents : ce qui était à moi me semblait tellement à moi que je n'aimais pas beaucoup partager même avec ceux que j'aimais...Et ça, mon père ne pouvait accepter...Un jour que nous étions en vacances en Lorraine chez mes grands-parents et que mon père avait fait un déplacement en Normandie, il m'avait rapporté une boîte de bonbons...C'était une sorte de bonnet de marin contenant des petits bonbons ressemblant à des cailloux ! Cadeau magnifique pour une fillette de six ans et que "je me gardais" précieusement! Je ne distribuais pas mon trésor à tous vents ! La fille des fermiers voisins vient apporter le lait chez ma grand-mère, ce qui était gentil puisque ça évitait à grand-mère de se déplacer...Cette petite fille avait à peu près mon âge et mon père me demande de lui offrir des bonbons de ma boîte. Aïe...Avec un grand soupir je prends un bonbon et le lui donne, et j'entends mon père me dire le plus naturellement du monde "Non, laisse-là se servir et qu'elle en prenne pour ses frères et soeurs"...Elle en avait sept !...
                               Et à chaque bonbon qu'elle a pris (obéissance ou gourmandise...) j'ai poussé un grand soupir ! Ma boîte n'était pas sans fond et le résultat me faisait peur ! Et ensuite, quand elle est repartie, j'ai eu droit à mon cours de morale !...ça c'était assez courant ! Je m'en souviens encore. Il fallait que j'apprenne à partager, que je ne me montre pas égoïste, etc...etc... C'était du sérieux ! Et que j'apprenne à offrir ! Une chose est certaine, c'est que cette histoire m'est toujours restée à l'esprit....Partager, penser aux autres, ça faisait partie de l'éducation qu'on nous donnait. Quand bien plus tard, nous avons tout perdu dans un bombardement, nous avons été très heureuses ma mère et moi, que des gens pensent à nous et partagent avec nous. 

                               Et donner ce à quoi on tient, ça peut apporter tellement de satisfaction. Je crois que c'était ce que mon père avait voulu me faire comprendre. On entend souvent des enfants dire c'est à moi, c'est pour moi...Et les autres ? Leur faire comprendre que "les autres" existent, qu'il faut penser à eux, ce n'est pas être trop sévères ou moins les aimer...bien au contraire. Est-ce que la grande peur des parents maintenant ne réside pas dans cette question "est-ce que mon enfant m'aime"? Mais bien sûr qu'il vous aime, encore plus si vous l'éduquez c'est alors la preuve que vous vous intéressez à lui...

                              

     

                             

     

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  •                               Colonie de vacances...à l'ancienne !

                                 Pour faire suite à ce billet d'humeur écrit hier "dans la foulée", voici une petite histoire vraie... Fin des années 1950, mon mari et moi avions été amenés à aider un vieux prêtre de la région parisienne, homme dévoué, genre Abbé Pierre ! Il se dévouait pour les jeunes de sa paroisse, paroisse dont faisaient partie des familles très nettement défavorisées comme on dit maintenant...Ces jeunes, qui sans ce brave abbé, auraient traîné dans les rues à faire sûrement quelques bêtises (et ils en faisaient parfois) il les occupait à faire du sport par l'intermédiaire du patronage, et surtout, il les sortait de leur environnement l'été en les emmenant en "colonie" dans le Jura, dans une très grande maison qu'il possédait, maison entourée de champs et belles forêts !
    Oui mais...il n'était pas riche ce curé, et sa paroisse encore moins...Il fallait donc faire avec les moyens du bord et le système "D".... Alors que ceux qui le pouvaient l'aident ! Il acceptait toutes les bonnes volontés. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à l'aider pour la colonie, dans le personnel d'encadrement des jeunes et même pour d'autres tâches ! Il avait un ou deux moniteurs diplômés, mais pour une colonie d'environ 70 enfants, ce n'était pas assez !Et il ne pouvait pas payer des salaires, sur les enfants qu'il emmenait, la moitié au moins venaient gratuitement ! Pendant leurs vacances, les colons étaient assurés d'avoir le bon air, la bonne nourriture, du bon lait fourni tous les jours et gratuitement par une famille du village...Les gens de ce village l'aimaient cet homme et commerçants, particuliers, tous y allaient de leur petite contribution.... L'Abbé B...pensait à juste titre que tous ses enfants étaient mieux là que chez eux, à sept ou huit dans deux pièces, sans confort... En résumé, bonnes vacances pour tous.

                                  Parmi ces colons, certains n'étaient pas de tout repos, habitués qu'ils étaient à traîner un peu dans la rue. Il fallait les surveiller, surveiller "la fauche" dans la réserve notamment, fauche dont un certain Jean-Pierre était assez coutumier ! A part ça, ce garçon semblait attachant. Il avait 13 ou 14 ans. C'était un des plus durs et un "chef" qui se faisait respecter des autres et à l'occasion les entraînait ! Bon, mon mari avait eu l'idée, de lui donner des responsabilités, c'est-à-dire de lui confier celle de la surveillance de la réserve...Le curé était d'accord, mais j'avoue que personnellement, je trouvais ça risqué ! Lui confier la clef...d'accord, il y entrait sans ça ! Et de ce jour...plus de fauche ! Jean-Pierre se sentant investi d'une mission de confiance devenait plus sévère que tous les moniteurs de la terre ! Nous étions tous contents et mon mari assez fier du résultat ! Au lieu de punir J.P. comme à l'habitude, on le félicitait....C'était nouveau ! Et puis, cette colonie a dû fermer, elle était obligée de faire trop de travaux pour être mise aux normes, et l'Abbé, découragé, après avoir sonné à toutes les portes des organismes officiels, a dû baisser les bras. Quel dommage ! les gosses étaient heureux et pendant un mois ils étaient bien...Mais, le règlement, c'est le règlement !

                                  Bien des années plus tard, dans les années 1970, nous passons un dimanche à JUVISY chez ma mère et nous allons nous promener avec nos enfants au bord d'un lac artificiel (les banlieues s'organisent). Et tout à coup, nous entendons appeler "Mr.Cotty, Mr.Cotty"...Nous nous retournons et nous voyons un homme jeune, très bonne présentation, qui nous fait un beau sourire et nous dit"Vous ne me reconnaissez pas ? je suis Jean-Pierre, de la colonie"! Non on ne l'avait pas reconnu, il y avait tellement de différence entre cet homme et ce "jeune" que nous avions connu et qui nous donnait tant de fil à retordre ! Et le voilà parti dans ses souvenirs...il se met à parler avec mon mari en rappelant combien il faisait de bêtises et qu'il prenait alors un mauvais chemin...Et il remercie mon mari d'avoir été sévère et de lui avoir fait confiance ! Je vous assure que ça fait plaisir ! Alors voilà, je me prends à rêver que tous ces "jeunes un peu voyous" dont on parle beaucoup trop, deviendront peut-être un jour des gens biens avec conscience et moralité...Il suffirait peut-être de leur donner des responsabilités...Cette histoire m'est revenue en mémoire en lisant ce matin un commentaire qui m'avait été laissé sur l'article que j'avais écrit hier. Et je me dis que tout n'est sans doute pas perdu, qu'il ne faut jamais désespérer...Il y a d'autres Jean-Pierre qui ne demandent peut-être qu'à se sortir de ce chemin qu'ils ont emprunté à tort. On peut toujours faire marche-arrière et repartir de l'avant !

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